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,V» > LE THUATRE Kl LA GUERRE
Pendant les plus mauvais jours que nous avons traversés, doutant si nous n'étions pas le jouet de quelque rêve horrible, il a voulu et il a pu, entouré d'artistes dévoués, continuer les représentations des chefsd'œuvre du répertoire, qui seules nous ont fait croire à la persistance de notre vie intellectuelle. Spectacle rassurant ! dit quelque part Victor Hugo, et c'est le cas de le redire ici. En écoutant les vers de Racine revêtus d'une beauté suprême et les vers de Molière, dans lesquels resplendit l'invincible lumière du bon sens, nous retrouvions un reste d'espoir, comprenant que nous ne pouvions pas être enfermés pour toujours dans le chaos et voués définitivement à l'absurde, tant que nous nous rappellerions leurs divines paroles, qui sont la plus haute expression de la foi et du génie de la France.
Jamais plus qu'à présent nous n'avons eu soif d'héroïsme, et jamais nous n'avons mieux compris combien c'est la seule grandeur humaine et la seule joie supérieure de tout immoler à cet inflexible maître de nos cœurs et de nos destinées : le Devoir.
Cette immolation de nos passions et de nos appétits au devoir toujours plus exigeant, toujours grandissant, toujours de plus en plus élevé et impérieux, c'est le Cid, c'est Cinna, c'est Polyeucle, c'est tout Corneille. Nous pouvons sans crainte interroger sans cesse le vieux tragique : toujours il nous indiquera la route à suivre, et il nous dira ce que l'honneur conseille et ce qu'ordonne la mâle vertu. Et dan- Les moments comme celui-ci où la farouche