AFFAIRE DU CONRAD
Vaisseau sous pavillon et registre Américains. Un certain Ch. Thomas Armstrong, qui se dit sujet Anglais et établi à Buenos-Ayres, a fait serment par-devant le Consul Anglais qu'une partie dé cette laine lui appartenait et que l'autre partie était la propriété de Don Frédérico Elortando, citoyen de la République Argentine. 11 est possible que cette assertion soit ou ne soit pas vraie, mais le patron ne peut certifier ce document; car il n'était pas présent quand on le dressa, et il ne sait rien à ce sujet. En outre, le commerce de l'Amérique du Nord avec
3U CROISIÈRES DU SUBfTER
Buenos-Ajues est si fort que l'on peut supposer, par le fait même que celte laine allait à New- York dans une barque Amé-' ricaine, qu'elle était Américaine; car elle courait ainsi 1$ danger d'être capturée ; notre présence daits ces mers étant biflD connue à Buenos- Ayres , lorsque la barque en partit. On pest donc supposer que le certificat est une manœuvre pour couYiir la cargaison. M. Armstrong est un frère ou un associé de qoel* que maison Américaine. Vaisseau et chargement condamnés.
AUTRE EXAMEN DE l'aFFAIrI DU CONRAD.
D'après un examen de la correspondance qui fut apfWiée à
bord lorsque les paj^iers du navire eurent été inspectés, oo reconnut que M. Armstrong, celui qui expédiait une partie de la cargaison, avait juré devant son consul que lui, et un certain Don Frederico Ëlortando, étaient les propriétaires de la marchandise, et il a juré devant le Consul des Etats-Unis qu'il était le seul propriétaire de cette même marchandise. L'un ou Faulre de ces deux serments est nécessairement faux. Bien mieux; tandis que la marchandise est consignée sur le bulletin de cha^ gement à Simon de Visser, Esq., on voit par les lettres de MM. Kirkland et Von Sachs, que ce sont MM. Kirkland qui sont consignataires. Ces lettres ne font aucune mention d'une propriété en commun avec Armstrong, mais elles parlent de la consignation comme étant tout entière leur propriété.
Quoique condamné comme tant d^autres de ses compatriotes, le Conrad ne devait pas mourir. Un sort plus noble lui était réservé : — il devait avoir l'insigne honneur de porter le jeune et fier pavillon auquel il s'était rendu ; il devait naviguer sous un nom nouveau, comme compagnon de son vainqueur. Le Lieutenant en second Lowe fut désigné pour en prendre le commande* ment^ avec le Maître en second Sinclair et deux maîtres. Les deux canons f ayés pris sur le Talisman furent montés à son bord, et on lui donna des mousquets, des fevol^
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\ et des munitions de guerre. La banpie ainâ transfor- ! tira son premier coup de canon et éleva à son met le pavillon Confédéré ; puis, au milieu d'une exion de hourras que son propre équipage et celui de ccmipagnon firent retentir dans les airs, elle s'âança louveau dans la vie, comme étant le doop de guerre Etats Confédérés, le Tusealoosa.
*Alabama était alors en destination du Cap de Bonneérance, où son fidèle transport, l'^^j^ptii^, devait nouveau le rejoindre. Le 29 Juin, cependant, lorsm fut au iù^ or lat. B. et au 28<' 29' long. 0., on >uvrit qu'une grande partie de la provision du pain it été QiaQgée pur des charançons et qu'il n*ea restait \ assez pour le voyage ; il était donc nécessaire d'àier dans un port plus rapproché; le navire fut dirigé i Bio^aneiro,
Buenos-Ayfres est si fort que l'on peut supposer, par le fait même que cette laine allait à New-York dans une barque Amé-' ricaine, qu'elle était Américaine; car elle courait ainsi le danger d'être capturée ; notre présence dails ces mers étant bien connue à Buenos- Ayres , lorsque la barque en partit. On peat donc supposer que le certificat est une manœuvre pour couvrir la cargaison. M. Armstrong est un frère ou un associé de quelque maison Américaine. Vaisseau et chargement condamoés.
Autre examen de l'afpairI du CONRAD.
D'après un examen de la correspondance qui fut apportée à bord lorsque les paj^iers du navire eurent été inspectés, on reconnut que M. Armstrong, celui qui expédiait une partie de la cargaison, avait juré devant son consul que lui, et un certain Don Frcderico Elortando, étaient les propriétaires de la marchandise, et il a juré devant le Consul des États-Unis qu'il était lô seul propriétaire de cette même marchandise. L'un ou Taulre de ces deux serments est nécessairement faux. Bien mîcui; tandis que la marchandise est consignée sut le bulletin de cha^ gement à Simon de Visser, Esq., on voit par les lettres de MM. Kirkland et Von Sachs, que ce sont MM. Kirkland qui sont consignataires. Ces lettres ne font aucune mention d'une propriété en commun avec Armstrong, mais elles parlent de la consignation comme étant tout entière leur propriété.
Quoique condamné comme tant d'autres de ses compatriotes, le Conrad ne devait pas mourir. Un sort plus noble lui était réservé : — il devait avoir l'insigne honneur de porter le jeune et fier pavillon auquel il s'était rendu ; il devait naviguer sous un nom nouveau, comme compagnon de son vainqueur. Le Lieutenant en second Lowe fut désigné pour en prendre le commandementj avec le Maître en second Sinclair et deux matiresi Les deux canons f ayés pris sur le Talisman furent montés à son bord> et on lui donna des mousquets, des fevol-
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vers et des munitions de guerre. La barque ainsi transformée tira son premier coup de canon et éleva à son sommet le pavillon Confédéré ; puis, au milieu d'une explosion de hourras que son propre équipage et celui de 80Q compagnon firent retentir dans les airs, elle s'élança de nouveau dans la vie, comme étant le sloop de guerre des Etats Confédérés, le Tuscaloosa.
VAlabama était alors en destination du Cap de Bonne- Espérance, où son fidèle transport, YAgrippine, devait de nouveau le rejoindre. Le 29 Juin, cependant, lorsqu'on fut au 26'' 01' lat. B. et au 28'' 29' long. 0., on déeouYrit qu'une ^ande partie de la provision du pain ivait é\é maQgée p^r dçs charançons et qu'il n'm restait plus assez pour le voyage ; il était donc nécessaire d'aborder dans un port plus rapproché; le navire fut dirigé ?er3 Bio«Ja^eiro,