‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 43 sur 89 · AFFAIRE DU JABEZ SNOW · texte numérisé non relu

AFFAIRE DU JABEZ SNOW

Vaisseau sous pavillon des Etats-Unis avec une cargaison de irbon, allant de Cardiff à Montevideo. Sur le bulletin de irgement on lit ce qui suit : a Nous certifions que le chargement de charbon du Jabez Snow est, bond fide, la propriété leMM. Wilson, Holt, Lane et G*; que ces Messieurs sont sujets Anglais et marchands, et que ces charbons sont pour eur propre usage.

« Ino Powell et Fils. »

[]omme on n'avait pas prêté serment, ce certificat n'ajoutait cune force au bulletin de chargement ; car tout bulletin de ïrgement est un certificat pour lequel on n'a pas prêté seront au sujet des faits qu'il contient. Comme les papiers ne

bruit) de citer le passage suivant d'une lettre trouvée à bord d*un des bâtiments récemment capturés. Elle est datée de New- York, 7 Avril, et adressée à un correspondant de Buenos- Ayres : —

« Lorsque vous expédiez sur des navires Américains, il serait bon d'avoir une attestation de propriété Anglaise, signée par le Consul Britannique et attachée au bulletin déchargement ou à la facture d'expédition; alors, à le navire tombe entre les mains des corsaires, cet acte sauvera la cargaison et le navire, selon toute probabilité. Un navire Américain, qui a tout récemment rencontré VAlor bama, a été relâché sur un certificat du Consul Anglais qui disait que la plus grande partie du chargement était propriété Anglaise. Si vous expédiez sur mi vaisseau neutre, nous sauvons 5 p. 0/0 d'assurances de guerre. »

Une autre prise, le Talisman. C'est un beau navire de 1,100 tonnes, sous pavillon et registre des Etats-Unis; aucune réclamation k la neutralité de la propriété de la cargaison; avant que la lueur de son bûcher funéraire ait disparu de l'horizon, un autre navire était en vue. Le nouveau venu avait tellement l'air Américain que, malgré le pavillon Anglais qui flottait à son sommet, on résolut de l'amener et de l'aborder. 11 avait été Américain à son origine ; mais ses propriétaires étaient des hommes prudents ; autant qu'on pouvait en croire ses papiers, il avait été régulièrement transporté sous pavillon Britannique — humiliation peut-être pour l'orgueilleuse « nation Yankee, » mais bonne précaution contre une capture ; toutefois, si le croiseur Confédéré avait pu l'envoyer dans un port pour le faire juger et examiner attentivement, on aurait probablement reconnu que le transfert n'était après tout qu'une blague.

Ainsi on relâcha « l'Anglais, » qui consentit toutefois à débarrasser ïAlabama des prisonniers et d'une femme

£T DE l'aLÂBÂMA. 313

récemment pris à bord du Talisman. Une semaine plus tard, nous U*ouvâmes un second exemple d'un transfert pareil, motivé sans doute par la peur ; Tancienne barque Yankee, le Joseph Hall^ de Portland, Maine, avait cherché une sûreté humiliante sous un nom nouveau, YAzzopadi. Le Joseph Hall s'était fait « Anglais, d II venait de Port Louis, Ile de France.

Hélas! que d'humiliation pour les Etoiles et les Rayures. La coque de YAzzopadi n'était pas encore hors de vue que le dipper Yankee Challenger^ jadis fameux, se tenait humblement, avec sa grande voile de hune au mât, à cette même place qui avait vu son compatriote subir pareille pénitence ; il réclamait aussi l'immunité sous le nom i^Queen of Beauty et sous pavillon Anglais.

L'impatient équipage de VAlabama commençait à croire que le pavillon de son ennemi avait enfin disparu de la surface de rOcéaa, lorsqu'une barque aventurière fut signalée avec l'ancienne bannière à son sommet. C'était le Conrad, de Philadelphie, allant de Buenos-Ayres à New-York, en partie chargé de laine, dont la propriété, selon l'usage, était réclamée comme neutre. Après examen on reconnut que la réclamation avait été évidemment fabriquée. Voici les faits : —

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