V. LES CROIX OU X DE FER
Arrivé à notre résidence, je montrai mon croquis aux maîtres chinois de nos écoles, qui, sans hésitation, redirent les trois monosyllabes fei-lai tsien, et, à ma demande, les écrivirent ainsi : m ^ M- Ï^G^rs explications furent les mêmes : «comme le nom l'indique, ce sont des ciseaux venus du ciel en volant,» Malgré toutes mes questions^ je n'en pus rien tirer de plus acceptable. La figure 185 donne la représentation du fameux instrument qui m'intriguait si fort. Comme on le voit, c'est une sorte d'X, longue de 2™ 02, large de 0" 45 au centre, et de 0"» 88 aux extrémités Sa hauteur ou épaisseur est de 0" 30 au milieu. Deux espèces de rails transversaux en relief s'élèvent dans la partie moyenne, accompagnés de deux trous percés de part en part. Dans les creux R et K je trouvai des traces de plomb assez notables. Je les pris alors pour des vestiges de scellement. L'instrument est un peu engagé dans la terre, au milieu des herbes, et il n'est pas rare d'y voir des oisifs, surtout les soirs d'été, s'en servir comme de banc. Aussi, rouillé sur les côtés et dans les anfractuosités, il reste poli sur sa face supérieure. Son poids peut atteindre plusieurs milliers. (1).
Evidemment cet instrument, malgré les légendes enfantines dont il est le héros, avait eu une destination précise, spéciale, une fonction utilitaire; «vais laquelle? Il ne portait aucun caractère, aucune inscription; je n'avais encore rien vu d'analogue; mes recherches, mes lectures, mes questions n'amenèrent aucun résultat. Je laissai mon croquis en réserve dans mon album. Pourtant bien souvent, soit à Nankin, soit dans les environs, j'en feuilletais les pages devant les curieux, lesquels ne manquent guère d'accourir dès qu'ils voient un Européen écrire ou dessiner «avec un pinceau qui ne prend pas d'encre». Alors, non sans arrière-pensée, je laissais comme par mégarde entrevoir le croquis du fameux instrument. Invariablement, sans aucune provocation de ma part, les inévitables monosyllabes jaillissaient de toutes les lèvres : «C'est le /ei-iai tsien de tel endroit!» Cette exclamation, pleine de joyeuse surprise, et flatteuse aussi pour mon amour-propre de dessinateur, me prouvait que cet instrument, si
(1) Voici en détail les principales mesures da fei-lai tsien de Nankin intra muros :
liongueur totale ^m 2,™02
X xus ^ratiiie largeur* .*«. ••.. «••• >••« «•«• >■>. »•«. «•«. «m. m.. ■•.. .... «m. kj^ oo
i^prtisseur ^eneraie. «««. •••• ••«• •••■ •*.. •. ..«. •«•■ •••■ ••.. ••*. ••.. *••* v^ 6*x
jispïiisseur a^i milieu. •••« •... .... ••— •••. •••• •••• ••• .«•• ■». —— •••• *~. vj ov
De la fourche, K et B, aux extrémités. .... 0, G9
Jj^1/g6ur c«vl C6xl vi 6» •*•• ■••• ••«• •••• •••• «••• ••>• *••• •••• •••• •*•• •••• •••• V) AtJ
Largeur entre les deux rails ,-» ~. 0, 24
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CROIX BT SWASTIKA. — II,
Fig, 186.