‹ Croix et swastika en ChineChapitre 113 sur 136 · V. LES CROIX OU X DE FER · texte numérisé non relu

V. LES CROIX OU X DE FER

aisément reconnu, était fort populaire. Par contre, ma curiosité se trouvait vite mortifiée, quand renouvelant mon enquête pressante, et amoncelant questions sur questions, je n'obtenais jamais que les renseignements ordinaires.

Je dirai plus loin comment l'idée me hanta, à la suite d'une vague indication, que cette X de métal pouvait provenir d'une tour de fer, dans laquelle elle aurait servi, soit à relier les différentes pièces, y jouant le rôle d'armature interne, soit à asseoir les assises inférieures, soit même, vu le caractère fabuleux de certaines informations, à représenter quelque mystérieux talisman, quelque chêli-relique, déposé dans la base, selon l'usage hindou. (1).

Consultées, les Chroniques de Nankin, Kiang-ning fou tche (2), fournirent le maigre renseignement suivant : « On dit que l'endroit des ciseaux de fer s'appelle Yè-tch'eng }^ JfJ, ou «ville de la fonderie », parce que sous la principauté de Ou ^ on y fondait des métaux. »

L'éminence au pied de laquelle gît le feUlai tsien — laissons-lui son nom chinois si commode ! — a été de bonne heure occupée par un village. Au début de notre ère, on la trouve couverte d'habitations, comme toutes les buttes qui émergeaient au confluent marécageux de la Hoai et du Yang-tse hiang. Située maintenant au centre de Nankin, elle était alors assez éloignée de la ville de médiocre étendue, qui, fondée d'abord plus au Sud,

(1) Le chêH n'est pas un objet d'Hermine ; la superstition donne à cette relique les formes les plus diverses.

(2) 2C W J^ ili», Livre VIII, p 2. Des le temps décrit par Confucius sous le nom de Tch^oen-tskou [722-481 av. J. C), Yé-tch^eng aurait existé comme fonderie d'armes. Les Chroniques l'identifient avec remplacement actuel du T'ien-Kong y^ S • Bien qu'il ne senjble se rattacher cjue de loin au fciîai tsien, nous insérons en entier le passage relatif à Ja Tour de fer, pour offrir au lecteur tous les éléments de la discussion et multiplier les pièces utiles du procès : « Dans l'ouvrage K*o-tsouo-tchoei-yu ^ Jœ K pr on raconte qu'à l'endroit vulgairement appelé Louo-se tchoan-wan !^ SPl P| fl?> appellation peutêtre fautive, il y avait une pagode dite t^ié-ia se j|K «^ ^ ou «pagode de la tour de fer », nommée jadis Louo se j^l ^ • Cette pagode fut bâtie au temps de la dynastie LieoU'Song 3Sj 3c sous le règne de Ming-ti ^ *rH ' vers 465, sous le nom de Yen-Uo XË K^'t mais à cause d'un bonze f(>i*t intelligent et aveugle de naissance, nommé LovQ' heou ^ BRî le nom de cette pagode fut changé en Louo se ilfk ^ ou « pagode du bon, ze Louo )). Par devant, on avait bâti deux tours en fonte de fer la l*""® année du règne KHen-hing (1022) de la dynastie des Song 7^ • Aussi cette pagode fut-elle appelée dana la suite « pago<le de la tour de fer. » Mais d'autres prétendent qu'elle fut élevée sous l'Empereur Tai'tsong >Sc ^ (627-650) de la dynastie des Tang ® • {Chroniques du Changyuen hien et du Kimg-nin hien -t ÛI M JP ÎÈ' Livre V, p. 31). — Sur le Yé^ tch'eng ou Yé-chan fp lll » se dressait un palais impérial, à la fin des Tang (620-907) occupé par un prince révolté. Il fut refait de 892 à 937, sous le» Ou-wan, 3® royaume de Ou, Au début du 12« siècle, sous les Song, on enterra un prince héritier sur cette butte.

vers l'Arsenal, puis sur toutes les collines rocheuses du Nord, s'agrandit successivement en englobant les hameaux, villages ou postes fortifiés, établis sur les mamelons voisins : le * rc/iao-i'ien kong ^ 3Ç 'g, le Che^t'eou tcheng ^ jp[ i^? TsHng-tiang chan M ^ iJji Pé'ki-ho 'Jt ^ ^, OU'tai chan 2 «^ [II, la butte du Kou-leou ^ ;^, enfin lo Pao^ta chan ^ f§ llj actuel. Les vieilles cartes nous montrent quelques rivières et canaux, naturels ou artificiels, d'un transit fort actif, des ponts de bateaux, des écluses, des barrages, des vannes de retenue, des plans inclinés pour le transbordage des barques: tout un ensemble de travaux, utilisés pour le commerce intérieur ou la défense du pays.

De ces considérations retenons seulement ces quelques points : La « butte de la fonderie » fait partie, depuis plusieurs siècles, de la ville de Nankin; sur cet emplacement s'élevaient des tours en fer; la butte se dressait jadis au bord du Yang-tse kiang, à la jonction de plusieurs canaux ou rivières, au centre d'un important trafic par batellerie.

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