SCÈNE VIII
LES UÂME8, CROMWELL.
CROMwELL, apercevant Rochesteraux genoux de Francis. Par quel hasard, maître, aux genoux de ma fille? LORD ROCHESTER, atterré et sans cfuinger de posture,
à part.
Dieu! Cromwell! Je suis mort! Pour une peccadille C'est dur d'être pendu! Pris en délit flagrant! Il n'aura pas pour moi de châtiment trop grand I
Fort bien, mon chapelain !
LADY FRANCIS, à part.
Il faut de l'indulgence C'est un fou !
CROMWSLL) à Rùchestéf consterné.
Vous avez compté sans ma vengeance !
LADY FRANCIS, à part.
Mon père le tûrait, le pauvro malheureux !
232 CROMWCLL.
Ce drôle ! de ma filie il ose être amoureux ! Et mon Eve écoutait sa langue de vipère !
Quoi I Francis ! vous souffrez ! . . .
LAD Y FRANCIS, avec embafTctë.
Pardonnez-moi, mon père, Mylord; ce n'est pas moi dont Monsieur me parlait.
De qui vous parlait-il à genoux, s*il vous plaît?
Monsieur, qui m'implorait de couronner ses flammes, Me demandait la main de Tune de mes femmes.
LORD ROGHESTER, à part, $6 relevùtit étonné.
Que dit-elle ?
Et de qui?
LADY FRANCIS, sourîant.
De dame Guggligoy.
LORD ROCHESTER, à part,
Ab! la traîtresse!
CROMWELL^ radouci.
Alors, c'est autre chose.
LORD ROCHESTER, à part.
Quoi?
La duègne ou la potence I en cette crise extrême. Que ne me laissait-elle au moins choisir moi-même I
CROMWELL, à Rochester, Pourquoi ne point parler tout de suite, mon cher? Puisqu'il vous reste encor dos penchants pour la chair. . .
LORD ROCHESTER, à part.
Chair ! une peau collée à des os faits en duègne ?
On vous satisfera. Je hais que Ton me craigne. Je suis content de vous : je pourrai vous donner Votre belle.
LORD ROGHESTER, à part.
Ma belle! un vieux spectre à damner !
Un corps à rebuter les bêtes carnassières ! Une figure à faire avorter des sorcières !