ACTE III, SCÈNE XIV
Recevront les honneurs d*iin jeûne général.
La Chambre, ayantlong-tempsconsultéles Saints-Livres, Lui donne un diamant du prix de cinq cents livres ; En outre, elle prescrit que des exploits si beaux Soient immortalisés dans ses procès-verbaux.
Nous consentons.
Les assistants s*incUnent. — Rentre Thurloë, qui vient prendre sa place près du Protecteur,
TiiuRLOE, bas à CromtvelL C'est fait I LE CLERC, poursuivant,
Tertià, Les tumultes Qu'excitent dans York des malveillants occultes, Ayant d'un saint effroi glacé les cœurs anglais, Le Parlement susdit, pour mettre sans délais Les rebelles d'York hors de la loi civile, Lance un quo warranto sur leurs chartes de ville.
CROMWELL, bas à Thurloë.
Vingt soldais vaudraient mieux que cent quo warranto. J'arrangerai cela.
Hatd,
Nous consentons.
Tous s'inclinent encore.
LE CLERC, reprenant.
Quarto.
La Chambre, afm d'emplir les caisses épuisées, Entend que chaque Anglais, dans ses fautes passées, Cherchant à racheter quelque énorme attentat. Jeûne un jour par semaine au profit de l'État. Moyen rare, et conforme aux saintes ordonnances. De faire son salut en aidant les finances.
Nous consentons.
Tous s'inclinent de nouveau.
LE CLERC, continuant et d'une voix plus éclatante.
Quintà. L'iiVMBLB pétition
Ou SUPPLIANTE ADRESSE AU HÉROS DE SlON ! —
354 CROMWKLL.
Tous les niembres du Parlement font un ftrofond salut à Cromwelly qui leur répond d'un signe de tête. Ayant considéré qu'il est d'usage antique De clore par un roi tout débat domestique, Que Dieu même, à son peuple ayant donné ses lois, Changea la chaire en trône et les Juges en Rois ; — ^ Ouï les orateurs présentés pour et contre ; — A Mylord Protecteur le Parlement remontre Qu'il faut pour chef au peuple un seul individu, A qui des anciens rois le titre soit rendu, Et supplie Olivier, protecteur d'Angleterre, D'accepter la couronne à titre héréditaire. — l'orateur du parlement, à CromwelL Je demande, Mylord, la parole.
Parlez.
l'orateitr.
Mylord ! — dans tous les temps, récents ou reculés. Des rois ont gouverné les nations du monde.
Le livre primitif, où la sagesse abonde, Partout en mots exprès dit : Reges gentium.
On voit, en méditant Gabaon, Actium, Que, lorsqu'au sein d'un peuple une lutte s'élève, C'est un nœud gordien que toujours tranche un glaive. Ce glaive devient sceptre, et démontre à la foi Que toute question se résout par un roi.
Je sais que de grands clercs adoptent pour système Qu'assisté de ses saints Christ peut régner lui-même ; Mais le régulateur des destins étemels N'est pas un roi visible à. des peuples charnels ; Il faut des rois de chair aux terrestres royaumes ; Rex substantialis, disent les axiomes.
Voilà des arguments qu'on ne saurait nier. -* L'état de république est de tous le dernier.
Il faut que sur un roi le peuple se repose ; Car le peuple est pareil, Mylord, quoi qu'on suppose, Au héron qui ne peut dormir que sur un pied.
Or le héron qui dort, est-il estropié ?
Le peuple est ce héron. Venge-t-il ses querelle?. Il a pour bec l'armée et les chambres pour ailes.