‹ Cromwell: drameChapitre 146 sur 253 · ACTE III, SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XVII

Cromwell parait hésiter à cette proposition, — En ce moment Rochester se retourne en donnant et pousse un soupir.

Mais... (joelqu'un nous écoute... —

Il s'approche du lit et aperçoit Rochester endormi.

Oui ! le charme est rompu.

Il a tout entendu !

Tu le crois! il a pu Nous entendre?

MANASSÉ

Sans doute.

£h bieo ! il faut qu'il meure Cromwell tire son poignard et s^approche de Rochester

toujours endormi.

MANASSÉ

Frappe 1 — Tu ne peux faire une action meilleure.

A part.

Par une main chrétienne immolons un chrétien.

De Cromwell et du juif il saurait Tentretien ! Qu'il meure 1

Il lève son poignard sur Rochester et s'arré/e.

11 dort pourtant.

MANASSÉ^ poussant son broA.

Hé bien !

CROMWELL , 1x)uiours en suspens.

Il est si jeune !

MANASSÉ

C'est le jour du sabbat! frappe!

CROMWELL, tressaillant.

C'est jour de jeûne !

Que fais-je? un jour de veille et de repos divin , J'allais commettre un meurtre, et j'écoute un devint

Il jette le poignard.

A Manassé.

Va-t'en, juif. —

Appelant.

Thurloc!

THURLOE, acœuranU Mylord I MANÂSSÉj étonné.

Seigneur!.., CROMWELL) à Manassé.

Sors, dis-je.

MANASSE , à part.

A-t-il Tesprit troublé par un soudain vertige ?

Il s'approche du juif. A voix basse.

Va 1 —• ton arrêt de mort est déjà prononcé , Si tu dis un seul mot de ce qui s*est passé.

Le juif se prosterne et sort.

A Thurloë.

Sauve-moi de ce juif ! sauve-moi de moi-même , Thurloë 1

THURLOE, avec inquiétude.

Qu'avez-vous, Mylord?

CROMWELL , composant son visage.

Moi? rien. Je t'aime, Thurloë.

THURLOË.

Vous disiez... vous aviez Tair troublé!

Ai-je dit quelque chose?

THURLOË.

Oui , vous avez parlé. . .

CROMWELL, brusquement.

De rien, tais-toi : suis- moi.

THURLOË.

Dieu ! que vous êtes pâle !

Dieul

CROMWELL, souriant amèrement.

Cest de ce flambeau la lueur sépulcrale.

Viens, j'ai besoin de toi.

Thurloë suit Cromtvell et s'arrête en passant près du

lit de Roche^ter.

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