ACTE IV, SCÈNE IV
Vous auriez bien raison !
SIR WILLIAM MURRAY
II a, convenons-en, Peut-être du talent pour bien brasser la bière. A-t-il droit de porter bassinet et gambière, Seulement ? tout au plus. Noblesse de canton ! Son nom même vaut-il le nom de son Milton?
CROMWELL, à part.
Insolent !
SIR WILLIAM MURRAT.
Au lieu d'être un brasseur qu*on renomme, Cela va s'aviser de faire le grand homme, De trancher du tyran, de singer les héros !
Sont-ils pas amusants, ces petits hobereaux ? Il apprit à brider le peuple, à dompter Thydre, A gouverner le monde, — en distillant du cidre !
CROMWELL , à part.
Drôle !
SIR WILLIAM MURRAT.
Et, parce qu'il fut servi par le hasard.
Il se croit un Capet, un Moïse, un César !
Ce qui me confond, moi, c'est qu'un Warwick descende A traiter de cousin ce roi de contrebande 1
CROMWELL, à part.
Caméléon rampant hier encor devant moi !
SIR WILLIAM MURRAT, coinme frappé d'une idée subite. Ah çà, je suis moi-même un peu bien simple !
Quoi?
SIR WILLIAM MURRAT.
Tandis que nos faucons preiment là-haut leur proie, Ils me laissent ici, pour que, si l'on octroie Des récompenses, — comme il est probable enfin, — On n'en ait que pour eux !
CROMWELL, à part.
Misérable aigrefin !
SIR WILLIAM MURRAT.
Me réserveraient-ils la portion congrue ?
Ouais ! moi, vieil épervier, fqire le pied de grue I
Non ! je veux mériter aussi les dons du Roi.
29ê CROBIWÊLL.
CROMWEI.L.
Mais vous ne serez pas oublié, croyez-moi.
Sllt WILLIAM MURRAY.
Je veux mettre, comme eux, la main sur le vieux diable
CROMWELL , à part.
Vas-y donc !
SIR WILLIAM MURRAT, lui Serrant la main.
Tu nous rends un service impayable.
Mais quand s'acquittera le compte général, Je ne t'oublirai point, tu seras caporal.
Il sort.
CROMWELL , seul, JMussanf les épâuleê.
Va, cherche î -^ Un nain de cour me toiser à sa règle ! L'oison qui fait laJ'Oue, huer le vol de Taiglc !
Entre Manassé, marchant avec précaution, une lanterne
sourde à la main.