‹ Cromwell: drameChapitre 165 sur 253 · ACTE IV, SGÈM£ V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SGÈM£ V

MANASSE , continuant et levant les yeux au ciel. Tout, excepté les étoiles du ciel.

II touche à son trépas, ce semble, et sa plaoèt^ Cependant au zénith brille encor pure et nette ; Et j'ai beau combiner les lignes de sa main, Je n*Y vois de danger réel — que pour demain.

CROMWELL, à part.

Pour demain 1 Que dit-il ? Ces damnés astrologues Sont-ils donc charlatans jusqu'en leurs monologues ?

HANASSÉ, continuant.

Qu'importe ! il faut qu'Ormoad ou Cromweti soit détruit ; Ils vont s'entr'égorger.

Regardant le ciel étoile.

Qu'il fait beau, cette nuîtî CROMWELL , à part.

Après ce courtisan bavard, ce luif impie!

C'est l'immonde corbeau qui remplace la pie.

Il accourt sans pitié, sans dégoût, sans remords, Demander au combat sa pâture de morts.

MANASsé , braquant sa lunette vers le ciel.

En attendant qu'ici nos conjurés arrivent, Étudions un peu les courbes que décrivent Les satellites d'HÉ dans l'orbite de Thau.

Frappons au seuil du temple avec le^^^aint marteau. — // met Vœil à la lunette^ puis s'interrompt.

Prêter au denier douze!... En cet instant de trouble, J'aurais pu, sur Ormond, certes, gagner le double.

CAOMWELL, à part.

Espion de Cromwell ! banquier des cavaliers !

MANAssÉ , Vœil à la lunette, La ligne se recourbe en corne de bélier. . . — Mais j'ai ces carolus envoyés de Cologne ; Et de bons carolus, même quand on les rogne, Gagnent... — Vraiment, l'éclipsé aurait lieu d^ns ce cçis, — Onze sur les dollars, et neuf sur les ducats. -**- Oui, Cromwell, Ormond, tout à la fois je les trompe. . . En ce moment on entend le cri périodique de la sentinelle

éloignée.

Tout va bien ! veillez-vous ?

GROMWELL^ ùVBC impatience, à part.

Faut-il qu'on m'interrompe En ce moment ! leur cri ne fait peur qu'aux hiboux. Répétons-le pourtant.

Haut.

Tout va bien ! veillez-vous ?

A cet éclat de voix, le Juif se retourne comme en sursaut,

MANASsé , à part, Jacob 1 je n'avais point vu là de sentinelle ! De quel voile épais l'âge a couvert ma prunelle I La voix d'une autre sentinelle éloignée répète eticore : Tout va bien ! veillez-vous ?

MANASSÉ , s*approchant de Cromwell avec respect.

Bonsoir, seigneur soldat.

CROMWELL , à part.

Fallait-il que soudain ce cri l'intimidât I Gomme il se dévoilait I

Haut, Bonne nuit, Juif.

MANASsé, avec un nouveau salut.

Vous êtes Placé là par seigneur Ormond ?

Fils des prophètes, Gomment as-tu besoin qu'on te réponde : Oui ?

MANASSé.

De vous voir triompher je suis tout réjoui.

Le Gromwell tombe enfin ; je vous en félicite.

Merci.

MÀNAssÉ, saluant. Des anciens rois le pouvoir ressuscite.

Quel bonheur pour vous I

Ah!

MANASSÉ

Je VOUS fais compliment.

Vous espérez sans doute un bon avancement?

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