‹ Cromwell: drameChapitre 225 sur 253 · SCÈNE XL LA. FOULE · texte numérisé non relu

SCÈNE XL LA. FOULE

VOIX DANS LA FOULE

Le vieux NoU est bien long ! — Quand pensez- vous qu'il sort De While-Hall ? — C'est dur d'attendre de la sorte.

Un grand bruit de cloches éclate au dehors ; des coups de canon lointains s*y mêlent à intervalles égaux.

— Silence ! entendez-vous les cloches, le canon ?

— Il sorti — Passera- t-il par Old-Bayley? — Non, Par Picadilly. — Dieu ! voyez donc sur la place

Ce peuple ! — Ils sont bien là : c'est de la populace.

— Que de têtes là-bas 1 que de têtes là-haut!

Tout fourmille. — Il n'est pas, quoiqu'il fasse bien chaud, Une tuile des toils, pas un pavé des rues, ,

Qui ne soient tout chargés de faces incongrues.

— Je sais là des balcons qui se sont loués cher. Pour voir Cromwell ! pour voir un visage de chair! Ces Babyloniens sont fous. — Dieu me protège ! J'étouffe 1 — Attention ! voici que le cortège Débouche dans la place — Enfin! — Ah !...

Mouvement dans la foule: tous les yeux se portent avidement vers la grande porte.

— Dites-moi, Qui marche en tête? — C'est le major Skippon. — Quoi ! Skippon ? — Un bon soldat de bonne renommée î

— Il fut à Worcester le premier de l'armée Qui passa la Severn sur le pont de bateaux.

— Les saints ont ce jour-là bien joué des couteaux !

— Moins bien qu'à Withe-Hall, le trente janvier! — L'homme! Tu dis cela d'un ton qui vaudrait qu'on t'assomme. Tais-toi. — Je ris. — Tais-toi ! — Rire n'est point parler!

— Si l'on ne m' étouffait, je t'irais étrangler!

— Paix ! voici le lord-maire. —

370 CROMWELt.

Entre le lord-maire avec les aldermm, les greffiers de ville et les sergents de la Cité, tous en costume. — Le lord-maire et le corps de ville s'arrêtent à gauche de la grande porte.

Admirez dans la file Pack raiderman, que Noli, pour honorer la ville, Fit chevalier avec un bâton de fagot. — Il se tient sur son rang comme sur un ergot. — C'est sur sa motion qu'on fait roi ce Pilate.

Entrent ks cours en procession. — Les cours de jmtice prennent place en haut des gradins au fond de la salle,

— Ah 1 les barons des cours en robe d'écarlate.

— Huzza, grand-juge Haie! — Huzza, sergent Wallopl

— Voici des colonels qui passent au galop.

— Quoi ! n'a-l-on pas assez des gardes que Ton paie? Les corporations en robes font la haie.

Noil est un tyran ! — Noll est un usurpateur! Un titan qui des cieux veut gravir la hauteur! La force est le seul droit de cet autre Encelade. Cromwell ne monte pas au trône : il Tescalade.

— Paix l'échappé d'Oxford ! Voyez donc ce pédant! Parie-t-il pas latin? — Hé, j'ai droit cependant De maudire Appius sur sa chaise curule...

— H croit tuer Cromv^rell avec une férule !

Un huissier en noir paraît sur le seuil et crie : Place au Parlement! place!

Entre le Parlement sur deux files^ précédé de Vorateur devant qui marchent les massiers, les huissiers, les clercs et les sergents de la Chambre. — Mouvement d' attention dans la foule. — Pendant que te Parlement prend place au premier rang des gradins du fond, les entretiens continuent dans le peuple.

VOIX DANS hX FOU^R,

Ah!... «— Comment nomme-t-on L'orateur ? — C'est, je crois, sir Thomas WiddringtOQ.

— Un bel homme. — Un Judas. —

ovERTON, bas à WUdman.

Le peuple a ses rancunes.

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