ACTE V, SCÈNE XI
Voyez, nul n'a crié : « Dieu garde les communes ! » WiLDlfAN, bas à Overion en lui montrant k Parlement. Dieu les confonde ! ils sont tous vendus à I^iutrus ; Ils adorent CromweU et Belatucadrus.
TRicK, promenant ses regards de la loge des fom sur
rassemblée.
Les cours, — les aldermen, — le corps parlementaire, — Ouï, — voilà tous les dieux de la pauvre Angleterre ! Les voilà !
GIllAFP.
Plaisants dieux !
ELESPURIT.
Frères, qu'en dites-vous?
GIRAFF.
Il sont dieux à peu près comme nous sommes fous.
TRICK
Il me tarde de voir éclater la bourrasque Dans ce grave Olympe»
GIRAFF.
Oui, Trick. Mon esprit fantasque Préfère au Panthéon le Pandémonium, Comme toi.
ELESPURU, leur montrant Gramadoch qui, toujours gardé dans un coin de la salle par quatre hallebardiers, fait mille contorsions.
Gramadoch nous fait des signes.
GRAMADOGH, faisant des grimaces à ses camarade^.
Hum.
Le^ fous éclatent de rire»
ELESPURU.
Ouais ! sa plaisanterie était un peu bien forte.
TRIGK.
Gomment sortira-t-il de là ?
GIRAFF.
Que lious importe?
ELESPURU.
Au fait, nous avons ri : c'est tout pour le moment. UN HUISSIER, au balcon d'une grande tribune richemerit
décorée en face du trône.
Mylady Protectrice î
ToîU le corp9 de ville se lève, se découvre et fait un profond salut à la Protectrice, qui parait accompagnée de ses quatre filles , parées chacune à leur manière, La Protectrice, mistressFletwoodet lady Cleypole sont en noir, avec parure de jais ; lady Falconbridge en grand habit de cour, manteau de brocart d'or, basquine de velours gingembre avec broderiede scorpions de Venise, barbes et couronne depairesse ; Francis en robe de gaze blanche lamée d'argent. La Protectrice répond par une révérence au salut du lordrmaire et des aldermen, puis s'assied avec ses filles sur le devant de la tribune; le fond est occupé par leurs femmes,
TRiCK, aux bouffons.
Ah ! c'est heureux, vraiment, Que ce visage-là ne prenne pas encore Le nom de Reine.
UN SOLDAT, à la tribune des bouffons.
Paix, sires de l'ellébore I TRicK, ricanant.
Parlez-moi d'un guerrier pour bien prêcher la paix.
Le soldat fait un geste menaçant. Trick s'assied en haussant les épaules. — Au moment où la famille de Cromtcell est entrée , un grand mouvement s*est fait dans rassemblée, et tous les regards sont restés attachés à la grande tribune.
VOIX DANS LA FOULE
Quoi 1 c'est la Protectrice ! — Elle a l'air bien épais. ^- La fille d'un certain Bourchier. — C'est un beau rêve Qu'elle fait là !—* Monsieur, quelle est cette jeune Eve A sa droite ? — Ici? — Non ; là. — C'est lady Francis. —Sa fille?— Oui. — Le vieux Noll en a donc cinq ou six? — Non, quatre. Vous voyez. — La plus jeune est charmante. — M^u'il fait chaud! — Qu'on est mal!— La foule encore augmenlo
— On est ici pressé comme ces fils d'enfer Dont lé nombre égalait le sable de la mer.
— Les oiseaux sont heureux avec leur paire d'ailes. — On m'écrase! ,
On entend tout à coup près de Westminster un coup de
canon dans la place.