‹ Cromwell: drameChapitre 54 sur 253 · ACTE H, SCÈNE II. i2l · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE II. i2l

DON Lris DE CABDENAS, cachunt 8071 dépit sous utie

ftro fonde révérence.

Que Dieu vous accompagne, Altesse! nous venons pour un haut intérêt Réclamer la faveur d'un entretien secret.

Nous sommes divisés par la guerre de Flandre, Mais le Roi Catholique avec vous peut s'entendre; Et pour montrer l'état qu'il fait de vous encor. Mon maître à Votre Altesse offre la Toison-d'Or.

Les pages porteurs de la Toison-d'Or s* approchent,

CROMWELL, se Uvant indigné.

Pour qui me prenez -vous? Qui? moi ! le chef austère Des vieux républicains de la vieille Angleterre, J'irais, des vanités détestable soutien, Souiller ce cœur contpit d'un symbole païen î On verrait sur le sein du vainqueur de Sodome Pendre une idole grecque au rosaire de Rome!

Loin ces tentations, ces pompes, ce collier ! Cromwell à BaUhazar ne veut pas s'allier !

DON LUIS DE CARDENAS, à part.

L'hérétique' —

Haut.

C'est vous que le Roi Catholique, Le premier, reconnut chef de la République!...

CROMWELL, V interrompant.

Croit-il changer, traitant Cromwell en affranchi, Une tour de Sion en sépulcre blanchi ?

A moi la Toison-d'Or ! Je laisse aux idolâtres Leurs prêtres histrions et leurs temples- théâtres. Ils cherchent dans l'enfer leurs dieux et leur trésor; Et l'on a la Toison comme on eut le Veau-d'Or! —

// s'arrête un moment , promène des regards hautains sur toute V ambassade espagnole y puis continue avec vivacité :

Mais moi ! — M'outrage-t-on en vain? A ma colère L'envoyé portugais a-t-il soustrait son frère? Don Luis! votre maître aurait-il l'impudeur De m'insulter en face, et par ambassadeur?

Ce serait une iajure ua peu trop soleunellc 1 Mais partez!

DON LUIS DE CARDENAS, furieUX.

Adieu donc. Guerre, et guerre éterselle !

Il sort avec toute sa suite.

ifANCiNi, bas au duc de Crêqui.

Le Castillan l'a pris par son mauvais côté.

LE DUC DE GEÉQui, d part et regardant la toison- d'Or

que les pages emportent.

Cet affront-là, pourtant, je Tai sollicité!

CROMWELL , bas à Stoupe.

Il importait de rompre, en cette conférence, ^ Avec TEspagne, aux yeux des envoyés de France. Mais sui-vez Cardenas, tâchez de Tapaiser, Et sachez, s'il se peut, ce qu'il vient proposer.

Stoupe sort.

En ce moment la grande porte se rouvre à deux boitants,

et un huissier annonce. :

Mylady Protectrice !

CROMWELL, à part.

Ah ! mon Dieu ! c'est ma femme !

// fait un geste pour congédier les assistants.

Adieu, monsieur le duc... messieurs...

Tous sortent pat une porte de côté en renouvelant lems profondes révérences. Le comte de Garlisle et Whiteloche recwidtiisent en cérémonie l'ambassadeur de France. — Pendant leur sortie entrent Elisabeth Bourchier^ femme de CromtveU; mistress Eletwood, lady Fakonbridge f lady Gkypole, lady Francis, ses filles. Elles font un^ révérence à leur père.

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