‹ Cromwell: drameChapitre 56 sur 253 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Dans le caveau des rois maintenant elle dort.

ELISABETH BOURGHIER.

Beau plaisir! dort-on là plus à Taise, et sait^elle Si vous y rejoindrez sa dépouille mortelle?

Dieu veuille que ce soit bien tard 1

LADY CLEYPOLB, dune voix languissafite .

C'est moi d'abord Qui vous précéderai dans ce séjour de mort, Mon père.

Eh quoi! toujours ces lugubres pensées 1 Toujours malade 1

LADY CLEYPOLE.

Ah ! oui, mes forces affaissées S'en vont; il me fallait l'air des champs, le soleil. Pour moi, ce palais sombre au sépulcre est pareil. Dans ces longs corridors et dans ces vastes salles Régnent les noirs frissons et les nuits glaciales. J'y serai bientôt morte !

CROMWELL, la baisant au front.

Allons, ma fille, allons!

Nous irons quelque jour revoir nos beaux vallons. Encore un peu de temps, ici, m'est nécessaire.

MiSTRESS FLETwooD, aigrement.

Pour vous y faire un Irône enfin? soyez sincère, Mon père, n'est-ce pas, vous voulez être roi? Mais Fletwood, mon mari, l'empêchera bien!...

Quoi !

Mon gendre!

MrSTRESS FLETWOOD.

Il ne veut point suivre une ligne oblique.

Il ne faut pas de roi dans une république.

Avec lui contre vous je m'unis sur ce point.

Et ma fille!

LADY FALcoNBRiDGE, à mistress Fktwood,

Vraiment, je ne vous comprends point, Ma sœur 1 mon père est libre ; et son trône est le nôtre,

lîfi CROMVV'EtL.

Pourquoi ne serait-il pas roi, loiit comme un autre? Pourquoi nbus refuser ce plaisir ravissant, D'être altesse roj-ale et princesse du sang?

mSTRESS FLETWÔÔt).

Ma sœur, des vanités je suis fort peu touchée. A l'œuvre du salut mon âme est attachée.

LADY FALCONBRIDGE»

Moi, j'aime foH la cour, et ne vois point pourquoi, Quand mon époux est lord, mon père h'esl pas roi.

MISTRESS FLETWOOO.

L'orgueil d'Eve, ma sœur, peirdil le premier homme ! LAOY ir^LCONAttiDGe, stf détournant avec dédain. On voit qu'elle n'est pas femme d'un gentilhbirimé!

CROMWÉLt; impaïienté.

Taisez-vous tbuleè d'eux! — De votre jeune sœur Imitez le maintien, le calme et la dotkcëur.

A Francis qui rêve Vœïl fixé Sur ta croisée dé Charles P^.

— A quoi pensez-vous donc, Francis?

LADY FRANCIS

Hélas ! inon père.

De ces lieux vénérés l'aspect me désespère.

Votre sœur, près de qui j'ai passé tous mes jours, M'apprit à irévérer ceux qu'on bannit toujours. Et, depuis peu de lemps conduite en ces murs sonibres, Je crois sans cesse y voir errer de tristes ombres.

CROBiWELL.

Qui?

LADY FRANCIS

Nos Stuarts.

CROMWELL, à part.

Ce nom vient toujours l*eteritir Jusqu'à moi !

LADY FRANCIS

C'est ici que mourut le martyr !

Ma fille !

LADY FRANCIS, montrant la croisée du fond.

Est-ce pas là, mon père, là fenêtre Par où Charles-Prfemier, qu'on osait méconnaître, Pour la dernière fois sortit dte White-Hsillî

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