‹ Cromwell: drameChapitre 86 sur 253 · RICHARD CROMWELL, CROMWELL · texte numérisé non relu

RICHARD CROMWELL, CROMWELL

Cromwell s'approche de son fils, croise les bras et le

regarde fixement,

RICHARD CROMWELL , s'mcltnant profondément.

Mon père... — Mais d'où vient ce trouble inattendu ? Que! est sur votre front ce nuage épanda, Mylord? où doit totnber la foudre qu'il recèle , Et dont rèclair sinistre en vos yeux étincelle? — . Ou'avez-vous?0u*a-t-on ftiitTParlez : que craignez- vous? Qui peut vdtfô attrister daira lé bonheur de tous ? Demain , des anciens rois rejoignant les fantôfnes ^ La république meurt, vous léguant trois royaumes; Demain votre grandeur sur le trône s'accroit ; Demain , daaa Westriinster proclamant votre droit, Jetant à vos rivaux son gant i éréditaire .

Le champion armé de la vieille Angleterre j Aux salves des canons, au branle du beffroi.

Doit défier le monde au nom d'Olivier Roi.

Qui vous manque? l'Europe, et l'Angleterre, et Lendre, Votre famille, tout semble à vos vœux répondre. Si j'osais me nommer, mon père et mon seigneur, Je n'ai , moi , de souci que pour votre bonheur. Vos jours, votre santé...

CROMWELL, qui n^apos cessé de le regarder fksmnmté

Mon file f comment se porte Le roi Charles Staart?

RtcttARD CROMWELL, atterré.

Mylord!.. .

Faîtes eti sorte j tJtie autre Ibis, de mieux choisir vos commensaux , Monsieur !

RlfcHARD GRO«WÈLL.

Mylord, dùt-on me couper en morceaux;

180 CROMWKLL.

Je veux être plus vil que le pavé des rues, Si...

GROMWELL, l'interrompant.

Boit-on de bon vin , taverne des Trois-Grues ? RICHARD cnoMWELL, à part.

Ah! l'espion damné d'avance avait tout dit!

Haut.

Je vous jure, Mylord...

GROMV^ELL.

Vous semblez interdit.

Est-ce un mal qu'assembler, étant d'humeur badine, Quelques amis autour d'un broc de muscadine?

Vous le buviez, mon hls , sans doute à ma santé.

RICHARD caoMWELL, à part.

C'est cela! toast maudit qu'à Charles j'ai porté! Haut,

Mylord, ce rendez-vous, sur mon nom , sur mon âme, Était fort innocent...

CROMWELL; d'une voix de tonnerre.

Vous êtes un infâme !

Avec des cavaliers mon fils a ce matin Bu sa part de mon sang dans un hideux festin !

RICHARD CROMWELL

Mon pèrel...

Boire avec des païens que j'abhorre !

A la santé de Charlel... — Un jour de jeûne ^ encore!

RICHARD CROMWELL

Je vous jui^ , Mylord , que je n'en savais rien.

Garde tes jurements pour ton roi tyrieni Ne viens pas étaler, traître, sous mes yeux mêmes, Ton parricide, encore aggravé de blasphèmes!

Va, c'est un vin fatal c^ui troubla ta raison ! A la santé du roi tu buvais du poison !

Ma vengeance veillait, muette, sur ton crime. Quoique tu sois mon fils , tu seras ma victime : L'arbre s'embrasera pour dévorer son fruit!

Il sort.

âCT£ II, SCÈNK XXI. t81

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