ACTE III- SCÈ3E III
Sied-il d'élire un roi, d'abord ? — Dois-je être élu? —
Donnez sur ces deux points votre avis absolu.
Que chacun , à son rang, expose son système.
Je parle franchement, expliquez-vous de même.
Le comte de Warwick est le plus éminent
D'entre vous. Qu'il commence. — Écoutez maintenant,
Monsieur Mil ton.
le comte de WARWiCK, se levant,
Mylord, rien n'égale sur terre Votre foi, votre esprit, votre haut caractère, Et pour accroître encor votre état personnel, Vous tenez des Warwick du côté maternel. Votre noble écusson porte le même heaume, Or, comme il faut toujours un roi dans un royaume. Votre Altesse vaut mieux qu'un maître de hasard. Certe, un Rich peut régner aussi bien qu'un Stuart.
Il se rassied.
Il n'est que d'être heureux pour grossir sa famille î Cromwell obscur n'est rien :— que sur le trône il brille, Les Rich sont ses aïeux, ses cousins, ses parents. Oui, — ce sont mes aïeux, — depuis bientôt quatre ans.
Haut.
A votre tour, Fletwood.
LE LIEUTENANT GÉNÉRAL FLETWOOD, Se levant.
Mylord, la république !
Mon beau-père, avec vous nettement je m'explique : Pour elle de Stuart on dressa l'échafaud, Nous avons combattu pour elle ; — il nous la faut. Laissons Dieu seul porter le seul vrai diadème. Pas d'Olivier-Premier, ni de Charle-Deuxième ! Jamais de roi !
Il se rassied.
CROjIWELL.
Fletwood, vous êtes un enfant !
— Vous , Carlisle !
le comte de carlisle, se levant.
Mylord, voire front triomphant Est fait pour la couronne.
Il se rassied.
A Broghill!
lord broghill, se levant.
Mylord, j'ose Réclamer le secret pour ce que je propose.
De ce complot d'Ormond je suis tout étourdi. Oue mon rôle est timide en ce drame hardi ! Conseiller de Cromwell et confident de Charle ! Traître si je me tais et traître si je parle !
Pour quel motif?...
lord broghill, sy inclinant.
Mylord, une raison d'État...
Cromwell lui fait signe d'approcher. Stoupe, Thurloë, Whitelocke eî Carlisle s'éloignent du Protecteur.
lord broghill, bas, à Cromwell.
Ne se pourrait-il point qu'avec Charle on traitât? Si vous lui proposiez la main de votre fille ?
cromwell, étonné.
Au... jeune homme?
LORD BROGHILL.
Oui, lady Francis.
Et sa famille ?
LORD BROGHILL.
Vous vous faites sacrer sous le nom d'Olivier. Vous êtes rois tous deux.
Et le trente janvier?
LORD BROGHILL.
Vous lui donnez un père.