ACTE III, SCÈNE III
On peut donner, mais rendre !
LORD BROGHILL.
Il oublirait.,
cromwell, avec un rire de dédain.
Mon crime ! il ne le peut comprendre.
Son œil ne saurait voir le but que j'ai cherché, Et pour me pardonner, il est trop débauché ï C'est fou, Broghill !
Lord Broghill retourne à sa place. Les grands officiers reprennent les leurs,
Parlez, Desborough!
LE MAJOR GÉNÉRAL DESBOROUGH, Se levant.
Mon beau-frère, Vous méditez dans l'ombre un dessein téméraire. Nous, de la royauté subir encor l'affront ! Point de roi, quel qu'il soit ! les soldats salûront Cromwell de cris d'amour, Olivier d'anathèmes ! Meurent les courtisans , les docteurs, les systèmes !
Desborough, vous luttez contre un mot, contre un nom. Si ce peuple innocent veut un roi, pourquoi non ? — Ce nom de roi, proscrit par votre orgueil fantasque, Qu'est-ce pour un soldat ? — Un panache à son casque.
Il fait signe à Whitelocke de parler. Whitelocke se lève , et Desborough se rassied.
whitelocke, à part, regardant Desborough. Ce valet de charrue avant moi se lever !
Mylord, — je serai vrai, quoi qu'il puisse arriver. Point de peuple sans loi, point de loi sans monarque. — Écoutez : l'argument vaut bien qu'on le remarque
A part.
Avant moi! Desborough! homuncio! butor!
Haut.
Le roi fut de tout temps nommé legislator. Lator, porteur, legis, de loi ; d'où je relève Qu'un prince est à la loi ce qu'Adam est pour Eve,
252 CR0MWELL.
Donc, si le roi des lois est le père et le chef,
Point de peuple sans roi, je le dis derechef;
Voyez, pour confirmer ma doctrine certaine,
Moïse, Aaron, Saint-John, Glynn, Cicéron, Fountaine,
Et Selden, livre trois, chapitre des Abus :
Quidde lus censetur modo codicibus. —
Mylord, il faut régner ! — Dixi.
Il se rassied.
cromwell, félicitant JVhitelocke du geste et du regard.
Comme il raisonne î Qu'un discours à propos de latin s'assaisonne ! — Écoutons Wolseley.
sir Charles wolseley, se levant.
Mylord, sans nul détour, J'oserai détromper Votre Altesse à mon tour. Le chef d'un peuple libre est, suivant le prophète , Tanquam in medio jiositus, non au faîte. Ce chef, sur quelque siège enfin qu'il soit assis, Est major singulis, — minor universis ! Donc le titre de roi rompt notre privilège, Rex violât legem.
Il se rassied.
Arguments de collège !
Avec vos mots latins je suis peu familier. Mauvaises raisons !
A Pierpoint.
Vous !
pierpoint, se levant.
Mylord, puissant pilier D'Israël, qui par vous domine sur la terre, Voici ce que je dis : — Ce peuple d'Angleterre, Dont le haut Parlement se nomme impérial, A le droit glorieux, saint, immémorial, ,
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D'avoir pour chef un roi ; sa dignité l'exige. Que Votre Altesse accepte un titre qui l'afflige. Vous le devez au peuple î oui. mylord. c'est, je croi. Lui manquer, que régner sur lui sans être roi.
Il se rassied.
Monsieur Lenthall?
K. WILLIAM LENTHALL. Se leVG/tlt.
Mylord. — le Parlement préside La nation, en qui la royauté réside.
Il commande aux petits comme aux plus élevés. Si donc le Parlement vous fait roi. vous devez. Selon le Droit romain, suivant le Décalogue. Obéir et régner î
Courtisan démagogue î
M. WILLIAM LEVTEALL. Ci part.
il se laissera faire, et j'espère qu'alors
Il ne m'oublira point pour la chambre des lords '
thlpvLoe. bas. a Cromwell.
Mylord. le Parlement attend toujours...
cromwell. bas, avec impatience.
Silence!
thurloe. toujours de même.
Mais...
cromwell. bas, à Thurloë.
Avant d'accepter il sied que je balance î fletwood. se levant.
Ah ! mylord. refusez !— Pour vous, pour votre honneur. J'ose...
cromwell. les congédiant tous de la main. Allez tous prier et chercher le Seigneur!
Tous sortent lentement et comme en procession. Miltm, qui marche le dernier, s'arrête sur le seuil de la porte, les laisse partir, et ramène son guin> vers Cromwell qui, descendu de s s'est plac<- sur le devant lu
théâtre.