ACTE III, SCÈNE VI
Je le pense de même.
LADY FRANCIS
Au sceptre héréditaire Qui donc ose toucher ?
cromwell, à part.
Que répondre en effet ?
Mon nom me pèse à dire, et me semble un forfait.
Ma Francis, d'autres temps veulent une autre race. N'auriez-vous pu penser, pour remplir cette place ?...
LADY FRANCIS
A qui donc ?
cromwell, avec douceur.
Par exemple, — à ton père ? à Cromwell ? lady francis, vivement.
Si je Pavais pensé, me punisse le ciel! cromwell , à part.
Hélas î
LADY FRANCIS
Mon père! moi, vous faire cette injure! Vous croire usurpateur, sacrilège, parjure !
Ma fille !... Vous jugez trop bien de ma vertu.
LADY FRANCIS
D'un pouvoir passager vous êtes revêtu;
C'est un malheur des temps , dont vous souffrez vous-
Blais vous du roi-martyr prendre le diadème ! [même.
Vous joindre à ses bourreaux! régner par son trépas !
Ah!...—
Sais-tu qui causa sa mort ?
LADY FRANCIS
Je ne sais pas.
Toute jeune, élevée en une solitude, J'ai souffert de nos maux, sans en faire une étude.
On ne te lut jamais, dans le procès du roi, La liste de la cour, . . , des juges, de ceux ?. . .
LADY FRANCIS
Quoi ?
Des régicides ?
Oui, Francis,... des régicides!
LADY FRANCIS
Personne ne m'a dit quels étaient ces perfides. Je maudissais leur crime et j'ignorais leurs noms. On ne parlait point d'eux aux lieux d'où nous venons,
Ma sœur ne vous parlait jamais de moi?
LADY FRANCIS
Mon père !
Qui dit cela ? J'appris à vous aimer.,.
J'espère...
Oui. — Mais tu hais donc bien ces sujets si hardis Qui condamnèrent Gharle?...
LADY FRANCIS
Ah ! qu'ils soient tous maudits !
Tous?
LADY FRANCIS
Oui, tous î
cromwell, à pari.
Quoi, frappé dans ma propre familieî Trahi par mon fils même, et maudit par ma fille !
LADY FRANCIS
Que chacun d'eux ressemble à Caïn, le banni !
cromwell, à part.
Implacable innocence ! — On me croit impuni ! Ma fille la plus chère et la dernière née , Semble une conscience à mes pas acharnée.