ACTE III, SCÈNE VIII
J'ai beau prendre les airs les plus coquets du monde, Elle ne voit en moi qu'un pédant tête-ronde î
LADY FRANCIS
Saint homme, donnez-moi la bénédiction.
Quel texte m'allez-vous prêcher ?
IORD ROCHESTER.
La passion.
LADY FRANCIS
J'ai le cœur bien touché du zèle qui vous presse. Vous voyez devant vous une humble pécheresse, Mon père.
IORD ROCHESTER, à part.
Son père ! ah ! n'ai-je rien de suspect?
Haut.
Ma fille !... écoutez-moi.
LADY FRANCIS
J'écoute avec respect.
LORD ROCHESTER, à part.
Suis-je assez malheureux d'avoir l'air respectable ?
Haut.
Ma fille î... écoutez-moi. — Ce n'est pas charitable D'épandre autour de vous des ravages affreux !
làdy Francis, étonnée.
Moi?
lord rochester, poursuivant.
L'un de vos regards, seul, fait cent malheureux.
LADY FRANCIS
Vous vous trompez !
LORD ROCHESTER
Oh, non !
LADY FRANCIS
Mais quels sont donc mes crimes ?
LORD ROCHESTER
Vous avez sous les yeux une de vos victimes.
268 CROtfWELL.
LADY FRANCIS
Vous ? que vous ai-je fait? Si j'ai vers vous des torts, Je cours prier mon père!...
lord rochester, l'arrêtant.
Ah ! soyez sans remords.
Des maux que vous causez vous êtes innocente.
LADY FRANCIS
Je ne vous comprends pas.
LORD ROCHESTER
m Candeur intéressante !
LADY FRANCIS
Mais si je vous ai fait du mal sans le savoir? Je veux le réparer...
lord rochester, mettant la main sur son cœur. Ah.!...
LADY FRANCIS
C'est même un devoir.
LORD ROCHESTER
Ou'entends-je ? A mes désirs seriez-vous exorable? Vous me comblez de joie, ô princesse adorable !
Il cherche à presser la main de Francis qui recule. LADY FRANCIS.
Je ne suis point princesse... On n'adore que Dieu... — Vous m'effrayez!...
Elle veut se retirer.
lord rochester, la retenant par sa robe. Francis, ne me dis pas adieu !
LADY FRANCIS
Il me tutoie !
S'approchant de Rochester d'un air de compassion.
A-t-il la tête un peu malade ?
LORD ROCHESTER
Non, mais le cœur.
LADY FRANCIS
Pauvre homme !