‹ CromwellChapitre 186 sur 302 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

manassé, sans voir Cromwell.

Puritains, Cavaliers, le Cromwell, Charles-Deux, Chrétiens que tout cela î cromwell, apercevant Manassé sur lequel tombe un rayon de sa lanterne.

Dieu ! c'est le juif hideux î Que vient-il faire ici ? sort-il de quelque tombe ?

manassé, sans voir Cromivell qui r écoute. Des deux partis rivaux qu'importe qui succombe î

Il coulera toujours du sang chrétien à flots ; Je l'espère du moins ! c'est le bon des complots. Qu'Ormond tue Olivier, qu'Olivier le déjoue, C'est ici qu'à tous deux leur destin se dénoue. Je veux voir cela, moi ! Tout menace Cromwell...

cromwell, à part.

Traître !

manassé, continuant et levant les feux au cieL . Tout, excepté les étoiles du ciel.

Il touche à son trépas, ce semble, et sa planète Cependant au zénith brille encor pure et nette; Et j'ai beau combiner les lignes de sa main, Je n'y vois de danger réel, — que pour demain.

cromwell, à part.

Pour demain ! Que dit-il ? Ces damnés astrologues Sont-ils donc charlatans jusqu'en leurs monologues?

manassé, continuant.

Qu'importe! il faut qu'Ormond ou Cromwell soit détruit, Ils vont s'entr'égorger.

Regardant le ciel étoile.

— Qu'il fait beau, cette nuit !

cromwell, à part.

Après ce courtisan bavard, ce juif impie ! C'est l'immonde corbeau qui remplace la pie. Il accourt sans pitié, sans dégoût, sans remords, Demander au combat sa pâture de morts.

manassé, braquant sa lunette vers le ciel. En attendant qu'ici nos conjurés arrivent, Étudions un peu les courbes que décrivent Les satellites d'HÉ dans l'orbite de Tbau. Frappons au seuil du temple avec le saint marteau. —

Il met l'œil à la lunette, puis s'interrompt :

Prêter au denier douze!... En un instant de trouble, J'aurais pu, sur Ormond, certes, gagner le double.

cromwell, à part.

Espion de Cromwell ! banquier des Cavaliers !

Page 1