SCENE V
LAMBERT, OVERTON, BAREBONE.
Pendant toute la scène, Barebone, qui paraît méditer douloureusement, est dérobé aux 1 égards de ses deux compagnons par l'estrade du tiûne.
Mylord général :
400 CR03IWELL.
LAMBERT
Quoi ?
OVERTON
De grâce, un mot.
LAMBERT
J'écoute.
Tous deux reviennent sur le devant de îa scène et restent un moment en pre'sence, Lambert dans le silence de l'attente, Overton comme ne sachant de quel côté faire explosion.
OVERTON
Àvez-vous la main sûre ?
LAMBERT
En doutez-vous ?
OVERTON
J'en doute, LAîiBERT, avec hauteur.
Comment î
OVERTON
Écoutez-moi : — Pour jeter bas Cromwell, On fie à votre bras le glaive d'Israël, C'est vous qu'on a choisi pour déchirer la trame, Et pour trancher le nœud de ce terrible drame. Or, vous n'avez reçu que d'un cœur effrayé Cet honneur, qu'Overton de son sang eût payé. Vous eussiez bien voulu qu'on vous fit votre tâche; Je vous connais à fond ! — Ambitieux et lâche.
Lambert fait un geste d'indignation. Overton l'arrête.
Laissez-moi dire! —Ici je laisse de côté Vos plans, couverts d'un masque assez mal ajusté. Je ne vous dirai point que mon œil vous pénètre, Que je sens, quoiqu'au fait il semble encore à naître, Dans le complot commun sourdre votre complot; Vous comptez par nos mains, mylord, vous mettre à flot. Vous pensez, c'est ainsi que votre orgueil calcule. Qu'on remplace un géant par un nain ridicule. Vous voulez de Cromwell simplement hériter,