CTE V. SCÈNE V
Et son fardeau n'a rien qui vous fasse hésiter. Pourtant, my lord, la charge est pour vous un peu forte , Je vois la main qui prend, et non le bras qui porte. Mais rien de plus naïf que ces arrangements Où vous faites le sort à vos contentements. Vous vous flattez qu'en tout le peuple vous seconde, Comme s'il se voyait, dans l'histoire du monde, Quand sur de libres fronts un joug s'appesantit, Qu'un tyran soit moins lourd pour être plus petit !
LAMBERT, flirieUX.
Colonel Overton ! cette injure...
OVERTON
A votre aise, Je vous en répondrai. — Pour l'instant, qu'il vous plaise Entendre par ma voix la rude vérité.
Vous n'êtes pas encor roi, pour être flatté ! — Or, sans plus m'oecirper de vos rêves d'empire, Voici ce que l'esprit m'inspirait de vous dire : — Vous avez à frapper un coup dont vous tremblez; Parmi les spectateurs, en ce lieu rassemblés, Je serai près de vous. — Si votre main balance, Si, de Cromw ell-Premier châtiant l'insolence, Dès qu'il aura porté la couronne à son front, Vous ne le poignardez, — moi, je serai plus prompt î Regardez ce couteau ! —
Il montre sa dague à Lambert.
Ce fer, à défaut d'autre, Pour aller à son cœur, passera par le vôtre. —
Lambert recule comme frappé de stupeur et de colère.
Maintenant, je vous laisse entre deux lâchetés. Choisissez! —
Il sort.
402 CROHWELL.