SCÈNE VI
LAMBERT, BAREBONE , toujours dans le coin du théâtre,
lambert, tremblant de rage et suivant Overton jusqu'à la grande porte.
Vous osez! Insolent! —Écoutez!...
Il sort! — Et sur son front une rougeur brûlante Accuse cette main, à le punir trop lente ! Il sort ! — M'a-t-il, le traître, assez humilié ? A quels fous furieux mes projets m'ont lié ! Hélas ! quel est mon sort, depuis que je conspire? Sans cesse rejeté loin du but où j'aspire, Menacé de tout perdre à l'heure où nous vaincrons, Et dans mille périls poussé par mille affronts ! — Foulé par le tyran, froissé par les esclaves ! — Reculer? dans l'abîme ! — Avancer ? sur des laves ! — Overton, ou Cromweîl ! — ou victime, ou bourreau ! — Quoi ! tirer contre moi le glaive du fourreau ! — Mais c'est qu'il le ferait ! Je l'en connais capable. — Il faudra bien frapper ! —
barebone, sans être entendu ni vu de Lambert. Cette engeance coupable Me pillerait !
LAMBERT, rêveUT.
Frapper Cromweîl parmi les siens !
Devant ses gardes ! — Lui, qui m'a comblé de biens ! C'est une ingratitude !... — Et puis, si je le manque?...
BAREBONE, pensif.
Piller un capital à fonder une banque !
LAMBERT
— Fatale ambition ! Tu m'as conduit trop haut !