‹ CromwellChapitre 24 sur 302 · ACTE I, SCÈXE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈXE V

LORD ROCHESTER

Pardon î Ce n'est pas Astarté, monsieur, c'est Égérie.

CARR

Ta bouche est un venin dont mon âme est flétrie. Retirez-vous de moi, vous tous qui commettez Les fornications et les iniquités !

vous desséchez mes os jusque dans leur moelle! Mais les saints prévaudront ! — Votre engeance cruelle Ne les courbera point ainsi que des roseaux; Et quand déborderont enfin les grandes eaux, Elles n'atteindront pas à leurs pieds î

LORD ROCHESTER

Tu radotes ! A quoi vous serviraient alors vos grandes bottes ? S'il ne pleut point sur vous, pourquoi ces grands chacarr, avec amertume. [peaux?

D'un fils de Zerviah c'est bien là le propos î

En ce moment le manteau de Rochester s'entr'ouvre et laisse apercevoir son riche costume chargé de nœuds, de lacs d'amour et de pierreries. Carr y jette un coup d'ceil scandalise', et poursuit :

Biais oui î — Oui , c'est un mage ! un sphinx à face Vêtu, paré, selon la mode de Sodome ! [d'homme,

Satan ne porte pas autrement son pourpoint. Il se pavane aussi, des manchettes au poing, Couvre son pied fourchu, de peur qu'on ne le voie, De souliers à rosette et de chausses de soie, Et met sa jarretière au-dessus du genou ! Ces bijoux, ces anneaux, consacrés à \Vishnou, De l'idole Nabo sont autant d'amulettes; Et pour que l'enfer rie à toutes ces toilettes, Derrière son oreille il étale au grand jour L'abomination de la tresse d'Amour!

lord ormowd.

Fous î

carr, an comble de V indignation.

Non, ce ne sont pas des saints !

lord rochester, riant.

Tu t'en désistes ?

CARR

C'est un club de démons, un sabbat de papistes ! Ce sont des cavaliers ! sortons !

LORD ROCHESTER

Adieu, mon cher.

carr, se dirigeant vers la porte. Mes pieds marchent ici survies charbons d'enfer!

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