‹ CromwellChapitre 256 sur 302 · ACTE V, SCÈNE Xir · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE Xir

WILDMAN, bas.

Oh! que la foudre éclate!

Cromwell , vêtu de la robe pourpre dont le jeune lord Robert?, richement pare, soutient la queue, s'avance gravement vers le trône. Le comte de Warwiek le procède l'épée liante. Lord Carlisle le suit, la pointe de l'épée baissée vers la terre.

sywbercoMb, à part.

Quel éclatant cortège il emprunte à l'enfer ! Pourpre, hermine, seigneurs dorés, soldats de fer, Un trône empanaché qu'un dais allier surmonte, Des femmes sans pudeur et des hommes sans honte, Faste, pouvoir, triomphe, il ne lui manque rien. Il nage dans l'orgueil et dans la joie. Eh bien ! Pour faire évanouir tout cela comme un rêve, Comme l'ombre d'un char, comme un éclair du glaive, One faut-il au Dieu fort ? Que faut-il au Seigneur? —

Il serre son poignard sur son sein.

Un peu de fer, aux mains d'un malheureux pécheur.

Cromwell, après avoir traversé lentement la salle an milieu d'un profond Silence, arrive au pied du trône et se dispose à y monter. — Les conjurés se glissent en silence dans la Ec nie et cernent l'es I rade.

MiLTOv, dans la foule, d'une voix éclatante. Cromwell, prends garde à toi!

cromwell, se retournant vers le peuple.

Qui parle?

sysdercomb, bas, à Garland.

Dieu confonde L'aveugle, dont la voix dit gaie à tout le monde !

milton, à Cromwell.

Songe aux ides de mars !

overtov, bas, à Milton.

Ne dis pas nos secrets!

cromwell, ci Milton.

Milton, expliquez-vous.

milton, à Cromwell.

Matvè Rachel Phares.

Cromwell hausse les épaules et monte sur le trône.

overton. bas, à Garland.

Il monte! Je respire.

GARLAND, bas.

An! Taler le était forte!

Cromwell s'assied sur le trône. Les comtés c!e \Ya % Ick et de Carlisle' se placent debout, l'épée nue, derrière son fauteuil; Thurloë et Stoupe à ses côtés. Le lord-maire, suivi de ses aldermen, s'avance au pied du trône, portant le coussin où est placée l'épée ; il monte quelques degrés, met un genou en terre, et présente l'épée à Cromwell.

le lord-maire, à CromivelL Lord Olivier, ceci qu'entre vos mains j'apporte, C'est l'Ëpée. A défaut d'enclume, un peuple entier Sur le front des tyrans en a forgé l'acier. La lame a deux tranchants pour qu'on en puisse faire Le glaive de justice et le glaive de guerre, Qui, tour à tour terrible au combat, au saint lieu, Brille aux mains du soldat, flamboie aux mains de Dieu. L'honorable cité de Londres vous le livre.

Cromwell ceint l'épée, la tire du fourreau, l'élève au-dessus de sa tète, puis la rend au lord-maire qui la remet dans le fourreau et se retire à reculons.

whîtelocke, s' approchant de Cromwell avec le même cérémonial que le lord-maire.

Mylord, voici les Sceaux.

Cromwell prend les sceaux, puis les rend à Whitelocke qui se retire. L'Orateur du parlement, suivi des officiers des communes, s'avance à son tour portant la bible à fermetures d'or.

l'orateur du parlement, un genou en terre devant CromivelL

Mylord, voici le Livre.

Cromwell prend la bible, et l'Orateur se retire avec de profondes révérences. Le général Lambert, pâle et inquiet, s'approcbe portant la couronne sur un ricbe coussin de velours cramoisi. -—Overton fend la presse et se place près de lui.

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