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ACTE V, SCÈNE Xlf

Et daignez agréer la foi de vos communes.

Profond silence dans la foule.

overton, bas, à Milton.

Ses communes !

cromwell, à l'orateur.

Monsieur, je suis reconnaissant.

Cet empire est prospère, au gré du Tout-Puissant. En Irlande,' malgré les discordes civiles, La foi marche, à grands pas envahissant les villes. Sur l'ulcère papiste acharné maintenant, Par le feu, par le fer, Harry, mon lieutenant, Extirpe d'une main, cautérise de l'autre. Armagh brûle. En ses murs Rome n'a plus d'apôtre. En Ecosse, les clans sont rentrés au devoir. Au dehors, tout va bien. Dunkerque est sans espoir ; Et la vieille Angleterre, à la France alliée, Tient sous sa large main l'Espagne humiliée. Notre commerce en Inde a fait d'heureux progrès. Le Castillan jaloux se consume en regrets; Dieu montre en nous aidant que notre cause est bonne. Nous avons fait verser à Madrid, à Lisbonne, Bien du sang, bien de l'or, pour leurs rébellions. Blake en notre échiquier vide leurs galions. J'ai vers la Jamaïque envoyé deux escadres. L'armée en attendant remplit ses anciens cadres. Le Toscan se repent : il sera pardonné. Et lorsqu'autour de nous tout sera terminé, Nous pourrons à la fin, puisqu'il nous en invite, Des hordes du sultan sauver le Moscovite. — Si nous formons un vœu, Dieu l'exauce aussitôt. Enfin, vous le voyez, nul peuple n'est plus haut. Vivons donc, assurés dans la faveur céleste. Mais pour que le Seigneur sur nous se manifeste, Il faut courber le front et plier les genoux. Prions, et que l'esprit descende parmi nous.

Cromwell s'agenouille; tout son cortège, le Parlement, le corps de ville, les

cours de justice et les soldats s'agenouillent aussi Moment de silence

et de recueillement, pendant lequel on n'entend que les cloches, le canon, les fanfares et le bruit de la foule au dehors.

syndercomb, bas, à Orerton et à Garland qui se sont rapprochés du trône.

Ils sont tous à genoux, le tyran et sa garde ; Les glaives sont baissés. Point d'oeil qui nous regarde... Que ne frappons-nous ?

garland, le repoussant indigné.

Dieu!

SYNDERC03IB.

Pourquoi si haut crier?

GARLAND

Le frapper quand il prie !

SYNDERCOMB

Et que faire?

GARLAND

Prier.

Prier contre lui. — Trêve aux fureurs meurtrières ! Et laissons Dieu choisir entre les deux prières.

Les conjure's puritains s'inclinent et prient. — Une pause.

cromwell, se relevant.

Allons !

Toute l'assemblée se relève. — Le comte de Warw:ck s'avance à pas lents et mesurés vers le Protecteur, met un genou en terre, et lui présente la robe de pourpre bordée d'hermine.

LE COMTE DE WARYVÏCK, à CrOMWell.

Daignez vêtir cette pourpre, mylord.

Cromwell, aidé de lord Warwiefc, endosse la robe.

overton, bas , aux Puritains.

Amis! amis! Il met son suaire de mort.

GARLAND , bas.

Voyez-le maintenant. C'est le fils écarlate De Tyr prostituée.

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