‹ CromwellChapitre 268 sur 302 · UN ARCHER · texte numérisé non relu

UN ARCHER

Ce nain extravagant, Mylord, de Votre Altesse a relevé le gant.

crojiwell, irrité, à Gramadoch.

Drôle!...

GRAMADOCH.

Il n'était qu'un fou, mylord, qui pût le faire,

cromwell, souriant et faisant signe aux archers de le délivrer.

Va ! Va î

Gramadoch va retrouver dans leur loge ses camarades qui l'embrassent et lui font joyeux accueil. — Cependant le Protecteur s'adresse à Milton.

Milton est-il content ?

MILTON

Il attend.

Frère, Je suis content de vous, moi. Parlez aujourd'hui. Avez-vous quelque chose à me demander ?

MILTON

Oui.

Qu'est-ce ?

MILTON

Une grâce.

Ami, parlez, je vous la donne.

MILTON

A tous ses ennemis Votre Altesse pardonne. Un seul reste oublié.

Qui donc ?

MILTON

Davenant.

Quoi ?

Davenant ! Ce papiste ! Un espion du roi ! Demandez autre chose.

MILTON

Ah ! souffrez que j'insiste.

Il était du complot, sans doute ; il est papiste, C'est juste; il conspirait votre mort; mais depuis Vous avez bien fait grâce à ceux-là.

Je ne puis.

MILTON

Je sais qu'il a pris part à ces trames ourdies, Mais...

cromwell, avec impatience.

Ne m'en parlez plus ! Il fait des comédies.

Milton désappointé s'éloigne. Cromwell le rappelle d'un air radouci.

Nous avons trouvé bon, Milton, qu'on vous créât Poète lauréat...

MILTON

Poète lauréat !

Je ne puis accepter, mylord, qu'en survivance. L'emploi n'est pas vacant.

cromwell, étonné.

Qui donc l'a pris d'avance?

MILTON

Davenant.

cromwell, haussant les épaules.

Il l'obtint sous feu Jacques-Premier!.,.

MILTON

Puisqu'il garde ses fers, laissons-lui son laurier.

C'est cela î Voilà bien des raisons de poètes.

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