‹ CromwellChapitre 47 sur 302 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

Vous y répondez tous, — par une trahison !

LORD ROSEBERRY, à part.

Ciel !

lambert, à part.

Où fuir?

LORD CLIFFORD

Trahison?...

SEDLEY

Dieu !

carr, étonné.

Que veulent-ils dire ?

richard croïïwell, vivement.

Oui, vous venez sans moi boire ici !

LORD ROSEBERRY.

Je respire !

Bas aux autres cavaliers. .

Le but du rendez-vous échappe à ses regards. Il a vu les flacons, et non pas les poignards.

A Richard Cromwell.

Mon cher Richard, croyez...

RICHARD CR03IWELL.

Haute trahison, dis-je !

Vraiment de votre part ce procédé m'afflige. Quoi! vous vous enivrez, et ne m'en dites rien ! Qu'ai-je fait? suis-je pas, comme vous, un vaurien? Boire sans moi ! c'est mal. D'ailleurs, je sais me taire. Qu'aux puritains sournois vous en fassiez mystère; Que vous vous déguisiez sous ces larges chapeaux, Sous ces manteaux grossiers, je le trouve à propos. Mais vous cacher de moi, qui dans ce sanctuaire Rirais tout le premier de la loi somptuaire, Et des sobres Solons dont les bills absolus Fixent i'écot par tête à trois schellings au plus ! Est-ce là; je vous prie, agir en camarades ? Reculé-je jamais devant vos algarades?

M'a-t-on moins vu, malgré les règlements nouveaux,

Dans les combats de coqs, les courses de chevaux? Enfin, suivant partout votre audace étourdie, N'ai-je pas avec vous — joué la comédie ?

barebone, indigné, à part.

Saducéen !

RICHARD CROMWEtL.

Duels, gais festins, mauvais coups, Me trouvent toujours prêt : — que me reprochez-vous ?

LORD CLIÏTORD.

Vos bonnes qualités, dont le mérite éclate, Nous sont chères.

RICHARD CR03IWELL.

Mais non. Peut-être je me flatte.

Souvent de nos défauts notre œil est écarté ; Et nous ne nous voyons que du meilleur côté. Ài-je des torts?

SEDLEY

Non pas...

RICHARD CR03TWELL.

J'aime qu'on m'avertisse,

LORD ROSEBERRY.

Richard!...

Vous me rendez sans doute la justice De croire que je hais ces puritains maudits, Comme vous ?

EAREBGINE.

Comme nous !

C'est ce que je vous dis.

Eh ï comment supporter ces stupides sectaires, Souillant les livres saints de sanglants commentaires, Qui, toujours dans le meurtre, et toujours louant Dieu» Font des sermons sans fin, et puis, trichent au jeu !

carr, entre ses dents.

Les saints jouer ! tu ments, enfant d'Hérodiade !

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