LE DUC DE CRÉQUY
Monseigneur î — l'alliance Oui du roi Très-Chrétien vous assure l'appui, Par des liens nouveaux se resserre aujourd'hui. Monsieur de-Maucini va vous lire la lettre Que son oncle éminent par lui vous fait remettre.
Maneini s'approche du Protecteur, fléchit un genou, et lui présente sur le coussin la lettre du cardinal. Cromwell en rompt le cachet et la rend a
cromwell, à Mancini.
Elle est du cardinal Mazarini ? — Lisez.
mancini déploie la lettre et lit:
A Son Altesse Monseigneur le Protecteur de la République d'Angleterre.
« Monseigneur !
» La part glorieuse que les troupes de Votre Altesse ont » prise à la guerre actuelle de la France contre l'Espagne, » l'utile secours qu'elles prêtent aux armes du roi mon maî- » tre dans la campagne de Flandre, redoublent la reconnais- » sance de Sa Majesté pour un allié aussi considérable que >» vous l'êtes, et qui l'aide si efficacement à réprimer la su- » perbe de la maison d'Autriche. C'est pourquoi le roi a trouvé » bon d'envoyer comme sou ambassadeur extraordinaire près » votre cour, M. le duc de Créquy, chargé par Sa Majesté de » faire savoir à Votre Altesse que la ville forte de Mardyke, » récemment prise par nos gens, a été remise à la disposition » des généraux de la république d'Angleterre, en attendant » que Dunkerque, qui tient encore, puisse leur être livrée con- » formément aux traités. M. le duc de Créquy a en outre la » commission de faire agréer à Votre Altesse une épée d'or, » que le roi de France vous envoie en témoignage de son es- » time et de son amitié. M. de Mancini, mon neveu, vous fera » part du contenu de cette lettre, 'et déposera aux pieds de » Votre Altesse un petit présent que j'ose joindre en mon nom » à celui du roi; c'est une tapisserie de la nouvelle manufac- » ture royale, dite des Gobelins. Je désire que cette marque de » mon dévouement soit agréable à Votre Altesse. Si je n'étais » malade à Calais, je serais passé moi-même en Angleterre, » afin de rendre mes respects à l'un des plus grands hommes » qui aient jamais existé, à celui que j'eusse le plus ambitionné » de servir après mon roi. Privé de cet honneur, j'envoie la per- » sonne qui me touche le plus près par les liens du sang, pour » exprimer à Votre Altesse toute la vénération que j'ai pour