ACTE II, SCÈNE II
» sa personne, et combien je suis résolu d'entretenir, entre elle » et le roi mon maître, une éternelle amitié. » J'ai la témérité de me dire avec passion,
» de Votre Altesse, »> le très-obéissant et très-respectueux serviteur, » Mazarini,
» cardinal de la sainte Eglise romaine. »
Mancini, après une profonde révérence, remet la lettre à Cromwell qui la passe à Stoupe. — Sur un signe du duc de Créquy, les pages en livrée royale déposent sur la table de Cromwell le coussin qui porte l'épée d'or; et sur l'ordre de Mancini, les pages à livrée de Mazarin déroulent sous le* pieds du protecteur un riche tapis des Gobelins.
cromwell, au duc de Mancini.
De ces riches présents, qui nous sont adressés, Veuillez remercier, messieurs, Son Éminence. L'Angleterre toujours sera sœur de la France.
Bas à Whiteîocke.
Ce prêtre, qui me flatte en pliant le genou, [fou!
Me dit tout haut : Grand homme, et tout bas : heureux
Il se retourne brusquement vers les envoyés piémontais.
Et vous, que voulez-vous ?
Les Piémontais s'avancent avec respect.
l'un des envoyés.
Le cœur plein de tristesse, Nous venons demander secours à Votre Altesse.
Et qui donc êtes-vous ?
l'envoyé.
Nous sommes des bourgeois Du canton de Vaud.
cromwell, d'un ton de bienveillance.
Ah!...
l'envoyé.
De tyranniques lois Font peser sur nos jours des entraves bien tristes.
Noire prince est romain, nous sommes calvinistes; Et la flamme et le fer dans nos villes ont lui Afin de nous contraindre à prier comme lui. Notre pays en deuil à vos pieds nous envoie.
cromwell, avec indignation.
Qui vous ose opprimer? qui?
l'envoyé.
Le duc de Savoie.
cromwell, au duc de Créquy .
Monsieur l'ambassadeur de France ! entendez-vous ? Dites au cardinal, que, pour l'amour de nous, Il intervienne aux maux dont ce peuple est victime. La France a sous la main ce duc sérénissime ; Qu'il cède ! — Il est contraire au précepte divin D'opprimer pour la foi ; — d'ailleurs, j'aime Calvin.
Le duc s'incline.
mancinï, bas au duc.
Pour mieux tracer ces mots : Tolérance publique, ïi a trempé ses mains dans le sang catholique.
cromwell, à l'envoyé suédois.
Votre nom ? —
Se tournant vers les bourgeois de Vaud qui se retirent au fond de la salle.
En tout temps comptez sur nous, Vaudoisf l'envoyé de suède, s' inclinant.
Phiîippi. Mon pays, Terracine; et je dois Mettre aux pieds d'un héros ce don que lui destine L'auguste Majesté de ma reine Christine.
Il dépose devant Cromwell un petit coffret à cercles d'acier poli, et lui
remet une lettre que le Protecteur passe à Stoupe.
Bas à Cromwell.
Sa lettre vous dira par quel ordre et pour qui Fut dans Fontainebleau tué Monaldeschi.
De cet ancien amant elle s'est donc vengée? l'envoyé, toujours à voix basse.
Mazarin a permis que ma reine outragée