‹ CromwellChapitre 81 sur 302 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

CARR, CROMWELli.

Cromwell, resté seul avec Carr, le regarde quelque temps en silence d'un air sévère et presque menaçant. Carr, grave et calme, les bras croisés sur la poitrine, fixe ses yeux sur les veux du Protecteur, sans les baisser un seul moment. Enfin Cromwell prend la parole avec hauteur. CROMWELL.

Carr ! le long parlement vous fit mettre en prison : Qui donc vous en a fait sortir ?

carr, tranquillement.

La trahison !

cromwell, étonné et alarmé.

Que dites-vous ?

A part.

A-t-il la cervelle troublée ?

càrr, rêveur.

Oui, j'offensai des saints la suprême assemblée. Nous sommes tous proscrits maintenant sous ta loi, Moi coupable, par eux ; eux innocents, par toi !

Puisque vous approuvez l'arrêt qui vous afflige, Qui donc brise vos fers ? #

carr, haussant les épaules.

La trahison, te dis-je !

Car, vers un nouveau crime, aveugle, on m'entraînait ;v J'ai vu le piège à temps.

Quoi donc ?

CARR

Baal renaît !

CROxMWELL.

Expliquez-vous !

CARR

Il s'assied dans le grand fauteuil.

Écoute ! un noir complot s'apprête...

A Cromwell qui est resté debout et découvert, en lui montrant la sellette de Thurloë.

Assieds-toi, Cromwell ! mets ton chapeau sur ta tête !

Cromwell hésite un instant avec dépit, puis se couvre et s'assied sur l'escabelle.

Surtout n'interromps pas !

cromwell, à part.

Tous ces airs-là, mon cher, Dans tout autre moment, tu me les paîrais cher !

carr, avec une douceur grave.

Quoiqu'Olivier Cromwell ne compte point ses crimes ;

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