‹ CromwellChapitre 89 sur 302 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

LE COLONEL JEPHSON

Quel honneur!

CARR

Quel affront! et comment me venger?

WALLER

C'est quelque favori ! *

CARR

Je suis donc sa victime !

Il n'est pas jusqu'à moi que le tyran n'opprime !

SIR WILLIAM MIJRRAY.

Tout est pour lui l

CARR

Cromwell me prendrait mon trésor, Ma vertu ! moi servir Nabuchodonosor !

Moi, dans sa cour ! j'irais, quand Sion me contemple, Comme un lin jadis blanc que les vendeurs du temple Ont souillé de safran, de pourpre ou d'indigo, Changer mon nom de Carr au nom d'Abdenago! sir William murray, examinant Carr.

Certain air de noblesse en son maintien me frappe. Nous l'avions mal jugé d'abord.

CARR

Suis-je un satrape?

Pour qui me prend Cromwell ?

M. William lenthall , à sir William Murray.

C'est un homme en crédit.

sir William murray, à M. William LenthalL Quelqu'un de qualité, monsieur, sans contredit. Son costume n'est pas rigoureusement...

carr, toujours dans son coin.

Traître !

M, WILLIAM LENTHALL, à part.

L'amitié que pour lui mylord a fait paraître Doit être utile à ceux dont, par occasion, Il daigne apostiller quelque pétition.

S'il voulait me servir?... du maître il a l'oreille.

Il s'approche de Carr avec force révérences.

Mylord, — daigneriez-vous, par grâce sans pareille. Dire à qui vous savez, pour moi, bon citoyen, Mylord, un de ces mots que vous dites si bien ! J'ai droit d'être fait lord : je suis maître des rôles, Et...

, carr, ouvrant des yeux étonnés.

J'ai pendu ma harpe à la branche des saules, Et je ne chante pas les chants de mon pays Aux Babyloniens, qui nous ont envahis !

En voyant la démarche de Lenthall, tous s'approchent précipitamment et environnent Carr.

LE SERGENT MAYNARD, à Carr.

A nos pétitions...

m. William lenthall, découragé, à Maynard. Il nous garde rancune !

sir William murray , perçant le groupe. Hé ! Sa Grâce ne veut en apostiller qu'une. Protégez-moi, mylord ! — Puisqu'on va faire un roi, Je puis à Son Altesse être utile, je croi. Je suis noble écossais. De faveurs sans égales J'ai joui, tout enfant, près du prince de Galles ! Chaque fois que cédant à quelque esprit mauvais, Son Altesse Royale avait failli, j'avais Le privilège unique et qui n'était pas mince, De recevoir le fouet que méritait le prince.

carr, avec une indignation concentrée.

Plat Sycophante ! ainsi^ doublement criminel, il fut vil chez Stuart, il est vil chez Cromweliî Comme Miphiboseth, il boite des deux jambes.

waller, à Carr, en lui présentant tin papier. Mylord, je suis Waller! j'ai fait des dithyrambes Sur les galions pris au marquis espagnol!.,.

carr, entre ses dents.

L'or t inspire et te paye, adorateur de Noll !

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