CTE II, SCÈNE XV
N'allons pas pour Cromwell me battre avec un frère.
Haut.
Monsieur, je ne veux point vous perdre.
cromwell, surpris, dédaigneusement .
Hein?
LORD ROCHESTER
Au contraire, Je venais vous donner un conseil. — Dans ces lieux, Vous teniez des discours par trop séditieux!
Moi?
LORD ROCHESTER
Vous.— Sortez, monsieur, ou j'appelle main-forte. cromwell, à part.
C'est un fou.
Haut.
Qu'es-tu donc pour parler de la sorte ?
LORD ROCHESTER
Vous êtes, songez-y, chez mylord Protecteur.
Qui donc es-tu ?
LORD ROCHESTER
Je suis son moindre serviteur, Son chapelain.
cromwell, vivement.
Tu mens d'une impudence étrange!
Toi, mon chapelain!
lord rochester, effrayé.
Dieu! Dieu! c'est Cromwell! qu'entends-je ? C'est Cromwell ! —
A part.
Nous avons un traître parmi nous!
Tu devrais devant moi te traîner à genoux ! Imposteur éhonté!
LORD ROCHESTER
My lord, faites-moi grâce,....
Altesse!...
A part.
Lui dit-on Altesse ou Votre Grâce ?
Haut.
Excusez-moi. L'erreur où je me suis commis Vient d'un zèle trop chaud contre vos ennemis. Des mots malentendus...
Mais pourquoi ce mensonge ?
LORD ROCHESTER
Mon dévoûment pour vous réalisait un songe. J'ose en votre maison solliciter l'emploi De chapelain.
Es-tu docteur de bon aloi ?
Quel est ton nom?
LORD ROCHESTER, à part.
Mortdieu ! ma maudite mémoire !
Quel est mon nom de saint, déjà ?...
Haut.
Je suis sans gloire...
Ton nom? — La source peut jaillir du fond du puits.
Rochester embarrassé semble se rappeler tout à coup quelque chose d'important. Il fouille précipitamment dans sa poche, en tire une lettre, et la présente à Cromwell avec un profond salut.
LORD ROCHESTER
Cette lettre, mylord, vous dira qui je suis.
cromwell, prenant la lettre.
De qui?
LORD ROCHESTER
De monsieur John Milton.
cromwell, ouvrant la lettre.
Un très-digne homme !