‹ Cronique martinianeChapitre 137 sur 159 · Le texte de Vèrard porte Lommars · texte numérisé non relu

Le texte de Vèrard porte Lommars

2. Satagebat in dies milites patris, qui ad ejus ordinarîa stipendia militabant* ducesque, quacumque arte poterat, de servitio patris sui educere, et ad Delphi* natum suum attrahere. Basin I, 285 et III 245. Voyez au contraire le témoignage de Chastellain « Si avoit il pris une peur sauvage de son père et un doubte que si d'aventure il se fust trouvé devers luy il l'eust corrigé de main mise, par prison ou autrement... » éd. Kervyn de Lettenhove, III, 152-53.

3. Voici au dire de Chastellain l'existence de Louis XI en Dauphiné : « Il se contint en son Dauphiné, faisant bonne chiére, amoit par amours, main* tenoit gens d'armes, traveilloit fort son pays, ses voisins visitoit, et le duc de Savoie son beau père, ploia tout à sa guise... jà-soit toutevoies que ycelui duc savoien estoit un prince de povre vertu et de petit effect... » éd. Kervyn de Lettenhove, III, 53. La création d'un parlement à Grenoble, rétablissement d'une Université à Valence, la réforme des monnaies montrent qu'il se considérait comme un souverain indépendant : sur ces faits, voyez le précieux Catalogue des actes du Dauphin XI relatifs à l'administration du Dauphiné, par E, Pilot de Thorey. Grenoble, 1899, 2 vol. in-8 (Soc. de Statistique de l'Isère).

4. Les démêlés avec l'archevêque de Vienne, les évéques de Gap, Valence, Die, Grenoble dans Pilot de Thorey, op. cit., passim.

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pour ce que le roy ne luy donnoit plus riens. Aucuns autres disoient que celle du père au filz venoit pour cause de la mort de la belle Agnès S qui mourut par poyson ^. Et ainsi le dit Enguerran de Monstrelet : et ne scay si justement il fut de ceste matière accusé. Toutesfoys celluy Daulphin avoit plusieurs foys blasmé et murmuré contre son père pour ladicte belle Agnès, laquelle pour vray avoit esté la plus belle femme jeune qui feust en icelluy temps possible de veoir, laquelle estoit en la bonne grâce du roy tellement que plus ne povoit. Et après le trespas de la belle Agnès la demoiselle de Villequier, sa niepce ^, occupa sa place, ja soit qu'elle feust indigne de ce vice *. Et pour les grans travaulx que le roy avoit faitz à reconquester la plus grant partie de son royaulme, il fut délibéré d'avoir des plus belles filles que

1. Agnès Sorel,dont les relations avec le roi ne peuvent remonter avant 144^, devint sa maîtresse en titre en 1444. M. de Beaucourt. Hist, de Charles VII, t. III, p. 279-293 a fait justice de la prétendue tradition historique de Du Haillan et de Brant6me attribuant à Agnès la transformation de Charles VIL

Le dauphin avait d*abord cherché à gagner les faveurs d'Agnès Sorel (Beaucourt. Hlsi. de Charles VU, t. VI, 190) : ses sentiments varièrent bientôt à son égard. D'après Eneas Sylvius le bruit courait que Louis alla jusqu'à la menacer un jour d'une épée : Agnès aurait trouvé son salut dans le lit même du roi. Comnientarii, p. 160. Jean Bouchet raconte également qu'il lui donna un jour un soufflet. Hnfîn Aliénor d'Ecosse rapporte qu'Agnès fut la cause de k rupture entre le fils et le père. Honneurs de la Cour dms Mémoires sur l'ancienne Chevalerie de Lacurne de Sainte- Palaye, éd. Charles Nodier, II, 165.

2. Jean Chartier II, p. 185-186 nous a laissé un récit complet et fort touchant de la fin de la dame de Beauté : il n'y a pas trace d'empoisonnement. Il est fort probable qu'elle mourut de dysenterie, peu de jours après ses couches. — On sait que Jacques Cœur fut poursuivi au mois de juillet 145 1 sous l'inculpation formulée par Jeanne de Vendôme, dame de Mortagne, d'avoir empoisonné Agnès Sorel. Clément, Jacques Cœur et Charles Vil, II, 334. Voir également Basin I, 314-316.

3. C'est également ce que rapporte la Chronique de Jacques Duclercq, éd. de ReifFenberg (4 vol. in-8), t. II, p. 208. M. de Beaucourt. /f /s/, de Charles Vll^t. VI, p. 9 et suiv. a établi qu'Antoinette de Villequier était cousine germaine et non la nièce d'Agnès et que sa faveur commença avant son mariage.

4. Ce témoignage est singulier. Antoinette de Maignelais, veuve d'André de Villequier, touchait 2000 1. par an pour entretenir son état. Elle resu, en titre, la maîtresse de Charles VII jusqu'à sa fin. En fait elle quitta le roi malade pour François, comte d'Etampes, duc de Bretagne, depuis le 28 décembre 1458 et le suivit en Bretagne à la mort du roi. Antoinette avait auprès d'elle Marguerite de Villequier (M*"* de Monteil) et Antoinette (M"" de Vauvert). Beaucourt, Hist» de Charles VII, VI 425-426, 438.

Monstrelet livre

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Ton pourroit trouver*, non obstant que sa vertus estoit trop plus grant sans comparaison que son vice. Car c'estoit ung roy très illustre, très hardy et victorieux. Et ne luy suffit tant seulement d'avoir reconquis son royaulme de France, dont les Anglois estoient de la plus grant partie possesseurs, mais il les jetta belliculeusement hors de son royaulme et si conquesta sur eulx les duchez de Guyenne et de Normandie à luy appartenans.

Et devez sçavoir après ce que ledit conte de Dampmartin eust esté institué par le roy son lieutenant général pour aller audit Daulphiné, il s'en partit à toute bonne compaignie de gens d'armes pour prendre monseigneur le daulphin et le amener au roy, par amour ou par force, comment qu'il feust. Et couroit lors commune renommée que, s'il y feust venu, le roy luy eut fait faire une très maulvaise compaignie - et qu'il eust fait le roy de Charles, son autre filz, que on appelloit le petit seigneur : mais il ne fut point

t,picudo trouvé. Car, quant il fut de ce adverty, il feist semblant ung soir de vouloir aller chasser le lendemain et commanda que le disner feust tout prest au boys où la chasse se feroit et y feist porter toute sa vaisselle d'argent. Laquelle chose venue à la congnoissance du conte de Dampmartin il se mist en aguet et en ordonnance pour prendre ledit daulphin à celle chasse ^. Mais ledit daulphin qui se doubtoit de ce, le lendemain au matin que Ton cuydoit qu'il allast à la chasse, print six ou sept de ses plus familiers et, montez sur bons

1. Voir à ce sujet les témoignages très précis de Jacques Duclercq, t.

p. 208 et de Basin I, 313 et un très curieux passage des Commentarii de Pie II, p. 163. « El re de Francia protinus he in governo de femine. » Dépêche de l'ambassadeur Milanais Camulio citée par Beaucourt. Hist. de Charles VU, VI, 422, note I.

2. En quoy il jugeoit clèrement sa mort ou du moins punition volontaire et haustère pour cause de sa longue désobéissance. ClxisttUain III, 178.

3. Ne vouloit passer par nul endroit du royaume, ce dist, de la peur qu'avoit des gens du roi, lesquels le sievroient, ce savoit bien, et le chevaucheroient à tout effort, et partant falloit-il quérir passage par ailleurs arrière de leurs mains et le plus tôt qu*on pourroit, premier que la chasse après luy fust enforcié et esparse à tous lez. OxisteJlain III, 182.

chevaulx d^avantaige, se prindrent à cheminer devers Bourgogne

et ne cessèrent de cheminer tant qu'ilz arrivèrent à Saint

Claude * . Et leur fut bien besoing de cheminer ainsi roiddement car, s'ilz eussent tardé quelque pou, le conte de Dampmartin les eut rattainz, qui les suyvoit à pointe d'esperon et à grant exploict. Quant doncques le daulphin fut venu à Saint Claude il trouva tantost après Monseigneur le prince d'Orenge * à Nauzere ^ qui le receult moult honorablement. Et lors qu'il eut oy dire qu'il se doubtoit d*estre poursuivy et qu'il vouloit aller le plus tost qu'il pourroit vers le duc de Bourgonge, manda hastivement le mareschal de Bourgongne * qu'il vint hastivement, accompaigné de gens de guerre, et se partyrent sans tarder pour tyrer en Bribant.

Enguerrant de Monstrelet dit sur ceste matière telles parolles que à la vérité ceste cy fut une merveilleuse besongne^. Car le prince d'Orenge et le mareschal de Bourgongne estoient les deux des hommes du monde que le daulphin hayoit le plus : et la cause pour quoy fut pour ce qu'ilz avoient desferré Anthoine de Chabannes, conte de Dampmartin, luy estant en son service. Non obstant, comme devant est dit, il trouva moyen de bien chaufter les pays dudit mareschal bossu et de gaigner dix mille escus pour

faire referrer ses chevaulx^. Mais nécessité qai n*a loy amena à celle fois le daulphin à refuge à ses plus grans hayneurs et s'en

1. Saint-Claude, Jura. Il feignit de se rendre au pèlerinage. Chastellaîn tll, i79< Le 31 août 1456 le dauphin écrivait au roi de France, de Saint-Claude, pour lui demander la permission d'aller combattre le Turc, sous lés ordres du duc de Bourgogne. Lettres de Louis XI, I, 77 et Oxistellain III, 186.

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