‹ Cronique martinianeChapitre 77 sur 159 · Chantilly, Oise, arr. Senlis · texte numérisé non relu

Chantilly, Oise, arr. Senlis

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Comment Rodrigue de Villandras alla assiéger une forteresse que on nommoit Coulemher * (/*. 276')^

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Commer^t Pothon de Saincte Treille, messire Jaques de Chabannes et Anthoine de Chabannes desconfirent les Angloys devant Compiègne, où estoit le siège par le duc de Bourgongne^ (f. 277),

L1430]. En ladicte année la ville de Compiègne fut assiégée par

le duc Philippe de Bourgongne. Et les François estans dedans icelle ville en grant nécessité de vivres, Pothon de

1. Ce chapitre nous offre une rédaction très voisine de Monstrelet^ t. IV, p. 406-408. Parlant des préparatifs faits par Raoul de Gaucourt, Humbert de Groslé (sénéchal de Lyon) et Rodrigue de Villandrando pour mettre en défense le Dauphiné, le rédacteur ajoute cette réflexion de son fait : « Et estoit ledit Rodrigues, homme de malicieux engin » ; plus bas, parlant de la rencontre d'Anthon : « En ladicte deffence ledit Rodigue de Villandras exploicta merveil» leusement bien, sans y oublier son prouflît. »

Sur l'épisode du siège de Colombier et d'Anthon, cf. Quicherat. Rodrigue de Villandrando, l'un des combattons pour l'indépendance française au XV* siècle. Paris, 1879, in-8°, p. 45 et suiv.

2. Sur les événements de Compiègne cf. Alexandre Sorel. La Prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII, d'après des documents inédits. Paris, 1889, in-8, et notre étude^ Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne, contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XV* siècle. Paris, 1906, in-8.

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Saincte Treilles leur envoya des vivres ^ et puis après alla rompre les bastides desditz Anglois à toute bonne eslite de gens d'armes, comme de messire Jaques de Chabannes - et Anthoine de Chabannes, son frère ^ : lesquelz entrèrent dedans ladicte ville de Compiegne, où ilz furent receuz à grant joye. Ledit Pothon, chief de celle entreprise, fist au roy si grant service que à jamais en a desservy avoir gloire *. Ensemble y acquirent honneur tous les cappitaines qui sous luy estoient. Et sont les os de telz nobles hommes dignes d'avoir sépulture. Et est à noter que iceulx Angloys ne furent point defFaictz par fauîte d'eulx bien defFendre. Et y eut grant nombre desditz Anglois tuez par lesditz François ^\

1. Les comptes de la municipalité de Compicgne attestent la présence d'Antoine de Chabannes au mois d'août 1430. Sorel, op. cit., p. 332.

2. Jacques de Chabannes était capitaine de Creil avant la retraite de Charles VII, en Touraine, du mois d'octobre 1429; la ville avait été perdue par Lyonnel de Bournonville. Monstrcht^ IV, 353 et 358.

3. Un état de solde concernant Antoine de Chabannes et ses gens d'armes a été publié par Sorcl. La Prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne, p. 332-338 ; Preuves de la Maison de Chabannes, II, p. 1-2 ; Jacques de Chabannes et Poton de Saintrailles firent partie de la colonne de Vendôme, qui entra à Compiègne le 25 octobre.

4. Remboursement de 2,cx)o 1. prêtées à Guillaume de Flavy par Poton de Saintrailles pour organiser k résistance. Bibl. Nat., Clairambault, t. CLXVII, n" 95, dans P. Champion, GuHïaume de Flavy, p. 52.

5. En réalité les Bourguignons avaient lâché au siège de Compiègne dès lé mois d'août» Chronique anonyme fr. 23018 dans Gmllanme de Flavy, p. 52 et 166

(témoignage corroboré par les P, J., n*" xli, xLti, xuii) ; sur le manque de solde des troupes Anglaises, cf. dans Stevenson, Letters andpapcrs iUmtrativc of tfx wars of tbe EngUsb in France, vol, II, part. I, p. 1 56, la lettre du duc de Bourgogne à Henri VI : « Est vray aussi, mon très redoubté seigneur, que ... vous deviez paier pour chacun mois pour le paiement de mes gens estans devant laditte ville de Compiengne, la somme de dix neuf mille cinq cent frans, monnoie royal, et aussi deviez paier l'artillerie ; et avecques ce, beau cousin le conte de Hontcnton et sa compaignie dévoient demourer de lez moy en mes gens devant laditte ville de Compiengne... Mais, mon très redoubté seigneur, de vostrc costé n'a point esté entretenu ledit paiement ; car il en est dcu deux mois ou environ, et aussi d'artillerie, pour laquelle j'ai frayé et déboursé de mes propres deniers plus de quarante mille saluz, sans mon artillerie que j'avoic en garnison. Rien ne m'en a esté restitué... »

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Comment les François eurent bataille contre le duc de Bourgongne, où estoit messire Jaques de Chabannes et Pothon de Saincte Treilles * [f. 277).

Comment Pothon de Saincte Treilles futprins par les Ânglois à Gournay en Normandie ^ {f, 277*).

1. Résumé de Monstrclct, I. II, § 99 : Comment les François demandèrent à avoir bataille contre le duc de Bourgongne et à sa puissance, laquelle cljose ledit duc par son conseil ne volt accorder, et aultres matières, t. IV, 425-427. Ce résumé va jusqu'à la phrase de Monstrelet « Et pour ce, les François se retirèrent vers Compiengne, moult indignés, faisant grans moqueries dudit duc de Bourgongne et de ses capitaines, disant qu'il ne les avoient ozé combatre > que notre chroniqueur commente ainsi : « Et se mirent iceulx François en bataille : mais lesditz Bourguignons ne si osèrent mettre, veu la grant puissance que estoient lesditz François, et aussi la perte des gens que avoit fiaicte ledit duc de Bourgogne devant Compiengne : dont ilz furent mocquez d'iceuls François. » — Sur ces événements voir< les informations si précises de la Chronique anonyme fr. 23018 f. 504 et suiv., ainsi que la chronique de Le Fèvre de Saint-Remy (t. II, p. 193), témoin oculaire de ces faits.

2. Copie textuelle de Monstrelet, 1. II, § loi : CommetU Pontbon de Saincte Treille et messire Loys de Waucourt furent prins des Anglois, Le ms. de Monstrelet fr. 8346 a laissé en blanc le lieu de la rencontre de Saintrailles et des gens du Comte de Warwick. Le texte de notre chroniqueur donne Gournay, comme d'ailleurs l'édition de Monstrelet par Vcrard.

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Comment Anthoine de Chabannes et autres capitaines furent vers Corbie pour la cuyder prendre et autres matières * (f. 278).

Comment Anthoine de Chabannes rua jus le bastard de Saint Pol et le seigneur de Humières (f, 278).

L'an mil CCCCXXXij fut par Anthoine de Chabannes, capitaine de

II, Creil, prins et rué jus le bastard de Saint Pol et le seigneur de Humières

avec soixante combatans ou environ, lesquelz alloient à Paris, devers le

duc de Bethfort. Et de la cuidans aller seurement audit lieu de Paris furent rencontrez de ceulx de la garnison dudit Creil , qui de leur allée estoient bien advertis. Et de fait, nonobstant leur deffence, furent tous prins prisonniers et menez audit lieu de Creil avec partie de leurs gens.

Et est vray que ledit de Chabannes eut pour la raençon dudit bastart de Saint Pol ^ et seigneur de Humières la somme de cinquante mille livres.

1. Copie textuelle de Monstrelet, 1. II, § 105, sauf la variante : « Et à ceste cause furent ars deux beaulx faulxbourgs qui estoient vers Feuillay » ; texte de Monstrelet, IV, 440 : « Si furent ars, à Toccasion d'eulx, ung très biaulx faulx bourg au lès vers Feulloy. » — « Mais assez brîefmcnt ilz laissèrent ladicte forteresse pour ce qu*il:^ la veoient non tenabîe » ; texte de Monstrelet, IV, 440 : ff Mais en asâez brief terme, ilz laissièrent ladicte forteresce, et s'en retournèrent es lieux dont ilz estoient yssus, pour double qu'ilz ne fussent assiégés dedans. » — Ce chapitre est précédé f. 277'-278 d*une note sur la mort du pape Martin V et Télection dTugène IV, d'une relation des événements du Concile de Bâle. Le morceau est précédé de la rubrique : Le Cbro" niqueur.

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