‹ Cronique martinianeChapitre 78 sur 159 · Jean, bâtard de Saint-Pol · texte numérisé non relu

Jean, bâtard de Saint-Pol

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xvin

Comment messire Jaques de Chahannes mist en Vobéyssance du roy Corbeil et le chasteau du boys de Vincennes (f. 278).

[1436.] Oudit an, du temps des discencions entre le roy de

France et le roy d'Angleterre, messire Jaques de Chabannes réduisit et mist en l'obéissance du roy Charles la ville et le chasteau de Corbeil et le chasteau du boys de Vincennes S lequel il print d'eschielles, à l'ayde d'ung François regnié qui s'esto'it rendu anglois et avoit nom Ferriéres, Et fut îcelluy chasteau eschiellé par le donjon. Et ledit donjon prins, y eut gros débat entre les François et les Anglois, dont ledit messire Jaques demoura à maîstre. Ceulx qui estoient auec ledit messire Jaques estoit le bastard de Seureterre *, qui estoit lieutenant général de sa compaignie : car il avait lors soubz sa charge et de son frère, Anthoine de Chabannes, de iiij à v cens hommes d'armes qui tenoient toute l'Isle de France pour lors en appatis. Et depuis icelle prinse du boys de Vincennes fut donné ledit chasteau par le roy Charles audit messire Jaques,

I. Le capitaine anglais de Vincennes fut de 1425 à 1426 Jean de Honneford ; en 1429 c'était le seigneur de Mouchy. Journal d'un Bourgeois de Pàris^ éd. Tuetey, p. 257. Selon Cbartier^ I, p. 178, le château du bois de Vincennes serait tombé au pouvoir des Français par la trahison d'un Ecossais. M. de Beaucourt, Hist. de Charles VU, t. III, p. 7, n. 2, cite sur la reddition de Vincennes des lettres de Charles VII du 3 mars 1436. Le 3 mai 1437, J*cq«es de Chabannes est nommé dans le 2* compte d'Antoine Ragtiier, trésorier des guerres, comme « capitaine de Corbueil et du bois de Vincennes, à lx hommes d'armes, iiijc xxxvj escuyers, » Hist. de la Maison de Chi, supplément, p. 154.

Zi Georges, bâtard de Senneterre, capitaine de Château-Thierry eu 1454*

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rachetable de vingt mille escuz ^ Lesquelz luy furent payez dix ans après, ou environ. Icelle entreprinse qui estoit conclute entre ledit de Chabannes et Ferrières fut tenue occulte tellement que Anthoine de Chabannes n'en peut jamais rien sçavoir de son frère. Et quant ce vint qu'il deslogea de Corbeil, son frère Anthoine lui demanda où il alloit. Lequel luy dist : « Je n'en scay riens et ne scay si jamais tu me verras : mais j'ay prié aux gens d'armes qui sont à moy qu'ilz demourent soubz ta charge, s'il advient que ma vie prengne fin, et te tiennent pour leur capitaine : ce qu'ilz m'ont promis de faire. »

L*an mil quatre cens trente trois le duc de Bethfort espousa la fille du conte de Saint Pol, après le décès de Anne^sa première femme, seur au duc de Bourgongne.

Comment La Hyre et Anthoine de Chabannes allèrent à tout quinze cens combatans au pays de Cambresisoù Hz firent plusieurs maulx^ et autres matières * (/". 278*).

1. Sur cette affiire, cf. Le Connétable de Ricbemont (Artur de Bretagne) 1393- 1458 par E. Cosneau. Paris, 1886, 111-8", appendice LXXII. En 1438 Roger de Pierrefrite, lieutenant de Jacques de Chabannes, refusait au connétable l'entrée de cette place, id,^ p. 384-285. Le duc de la Trémoille, dans son Prigent de Coitivy, amiral et bibliophile, Paris, 1906, a publié un curieux inventaire de l'artillerie du château du bois de Vincennes en 1440 : on y voit que Charles VII donnait l'ordre à Jean Bureau de faire rentrer à Vincennes l'artillerie que Roger de Pieîrefrite avait fait transporter à Paris.

2. Ce chapitre nous présente une copie presque textuelle de Monstrelet, 1. II, $ 149 : Comment La Hire et pluiseurs aultres François coururent en Artois et en Cambresis..., t. V, p. 79-81. Le début seul du morceau nous offre un remaniement très court et sans importance. — Texte de Monstrelet : « ... Anthoine de Chabannes et Blanchefort, à tout leurs gens, s'en alèrent passer devant Cambray et prinrent leur chemin droit à Haspre, où la franche feste avoit esté le jour, devant la tour (ÏYu'is. » Texte de Vérard « Devant la tour du Boys. »

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Comment La Hyve fist brusler la ville de Beaurevoir et le Moulin, et autres matières * (f. 279).

Comment Anthoyne de Chabannes et ses gens furent desconfiz par Tallehot devant Beaumont sur Oyse et autres matières (f. 279).

1434. Uan mil CCCCXXXiiij Tallebot * vint en France ', qui conquist

Montfcreict, 1. II, plusieurs forteresses. Et ceulx qui se rendoient à sa voulenté il faisoit

' ^* pendre. Et entre les autres places il print le fort de Joing * séant entre

Beauvoys et Gysors : et ce fait s'en alla à Paris où il séjourna pou de

temps. Et tost après s'en alla logier à tout grosse et puissante bende, qui estoient tous bons combatans, à Beaumont sur Oyse ^. Et lors Anthoyne de Chabannes, qui fut

1. Copie textuelle de Monstrelet, 1. II, § 149, avec une variante initiale sans importance. Texte de Mmstreld^ t. V, 80. « En ce mesme jour, ledit Lahire avoit fait ardoir et embraser la ville de Beaurevoir... » ; Texte de Vérard : « En ce mesme jour la Hyre feist ardoir et embraser la ville de Beaurevoir... » La copie s'arrête à la phrase de Monstrelct : « Et puis s'en alèrent en leurs garnisons, chascuns dont ilz estoient venus », t. V, p. 81.

2. John Talbot, comte de Schrewsbury. Prisonnier des Français à la bataille de Patay, le 18 juin 1429, il fut échangé seulement en 1453 avec Ambroise de Lorc.

3. Au début du mois de mai, suivant le Journal d'un Bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 299.

4. Monstrehtf V, 91, « Joîngny, séant entre Beauvais et Gisors. »

5. Beaumont-sur-Oise, Seine-et-Oise, arr. Pontoise. La ville tomba entre les mains des Armagnacs au mois de février 1434) suivant le Journal d*un Bourgeois de Paris, p. 298.

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adverty de sa venue, désirant de acquérir honneur et biens, feist une course en TYsle de France où il n'eut nulle perte, mais grant proufEt. Cuydant à son retour soy retirer dedans Creilh *, print son chemin vers ledit Beaumont, dont Tallebot fut adverty, qui, incontinent et sans délay, monta à cheval pour cuider rencontrer le capitaine Anthoyne de Chabannes.

Or devez sçavoir que ledit Anthoyne de Chabannes avoit envoyé ses coureurs au[x] champs pour sçavoir des nouvelles du seigneur Tallebot : lesquelz luy raportèrent que sans nulle doubte il estoit sur les champs à grosse et puissante armée jusques au nombre de six à sept mil hommes. Oyant ces nouvelles ledit de Chabannes assembla les plus anciens et plus expérimentez gens d'armes de sa compaignie. Et entre lesquelz estoit ung nommé Alexandre de Latras, Arragonnoys, lequel estoit bien garny de bonne renommée. Icelluy de Latras et plusieurs autres conseillèrent audit de Chabannes qu'il ne devoit point prendre le chemin que tenoit ledit Tallebot, mais en prendre ung autre qui pourroit estre sans dangier de luy ne de ses gens. Auquel conseil ledit de Chabannes ne donna aucun consentement, disant que ung homme qui éviteroit son droit chemin de paour de rencontrer ses ennemys, jamais il ne seroit honoré, qu'il avoit délibéré d'attendre ce que fortune donneroit pour luy ou contre luy, et de passer son chemin, non soy désespérant son salut. [Et alors il feist mettre en bataille cccc chevaulx^]. Et alors marcha en bon ordre vers ledit seigneur de Tallebot. Lequel, de pié coy ^ les attendoit : et très roydement et vaillamment par lesditz François fut donné contre lesditz Angloys, jasoit ce que iceulx François furent desfaitz et la bataille perdue par ledit de Chabannes. Il fut laissé entre les gens qui estoient mors.

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