Creil, Oise, arr. Senlis
2. Jacques de Chabannes finit par embrasser complètement le parti des princes et enleva sur la route d'Ebreuil à Aigueperse un convoi d'artillerie royale. Le 12 juillet 1440, par lettres données à Moulins, le dauphin le nommait son chambellan. Le 2 août 1440 il fut institué, par le duc de Bourbon, capitaine du château de Chamelle en Bourbonnais. Hiii. de la Maison de Cb., I, 135. Par contre il avait été destitué, le 28 mars 1440, de la charge de sénéchal de Toulouse pour avoir pris part à la Praguerie et remplacé par Galobie de Panassac. Cet acte le désigne comme « Tung des principaux conduiseurs de Tehtreprise et rébellion faite par nos cousins de Bourbon et d'Alençon et autres seigneurs de nostre sang et autres qui, puis aucun temps en ça, se sont mis en armes et ont fait certaines assemblées et conspiracions à rencontre de nous, et ont séduit nostre fils le Dauphin, pour, soubz ombre de lui, mettre brouillez et faire nouvelletez où fait de nostre seigneurie. » Hist. de la Maison de Cb., II, p. 171.
42 CRONiaUE MARTINIANE
qu'il vouloir faire quelque ouvraige contre son père en luy oflfrant son service. Lequel daulphin le receut et fut par luy prins en grant extime, et luy fut par ledit daulphin promis que, tant que il pourroit vivre, ne luy vouldroit faillir. Et sur ce point se partit ledit conte de Dampmartin pour aller vers Creilh quérir huyt vingtz hommes d*armes estans soubz sa charge pour aller au secours dudit daulphin. Et incontinent après monseigneur le daulphin et les dessus nommez s'en tyrèrent vers Nyort et de là à Saincte Maxense* qu'ilz prindrent. Et fut par le roy icelluy daulphin assise dedans Nyort et fut contraint ledit daulphin et ses gens de soy rendre à la voulenté du roy son père, de quoy les principaulx dévoient avoir les testes * couppées. Mais Anthoyne de Chabannes, conte de Dampmartin, ayant donné son service au daulphin passa le royaulme de France à tout lesditz huyt vingtz hommes d'armes de sa compaignie et alla devant ledit Nyort et donna au travers d'une partie de l'ost du roy et se retira dedans la ville. Et, luy entré dedans, fist de sorte que ledit daulphin ne tiendroit point l'appointement qu'il avoit fait avec le roy son père, disant que luy ne ses gens ne se rendroient point à sa voulenté et qu'il endureroit la fortune de l'assault *. Alors le roy, saichant que monseigneur le daulphin son filz ne vouloit entretenir ce qu'il luy avoit promis avant la venue dudit conte de Dampmartin, envoya quérir messire Jaques de Chabannes et luy donna charge de parler à son frère, afEn qu'il trouvast moyen que icelluy appointement se peust garder ^. Icelluy messire Jaques de Chabannes feist sçavoir à sondit frère qu'il se trouvast aux champs pour parler à luy. Ce que voulentiers il feist. Lequel messire Jaques de Chabannes remonstra audit