‹ Croquis a la plumeChapitre 55 sur 75 · LAVENÀZE, MADAME DE LA BASTIDE · texte numérisé non relu

LAVENÀZE, MADAME DE LA BASTIDE

madame de la b>stide. — Tu le vois, elle me nargue... Si elle ne se fût tenue à distance, elle s'en serait allée avec deux soufflets...

lave>aze. — Vous ne l'auriez point fait, j'aime à le croire.

madame de la EASTiDE. — Qu'elle se représente jamais devant moi, tu en auras la preuve. Tu vas me faire le plaisir de me la mettre à la porte, et sur-le-champ encore. Sa présence ici est un scandale.

lave>aze. — Et pourquoi, s'il vous plait?

MADAME DE LA EASTIDE. — Ce Sera le pIllS

grand obstacle à l'établissement de ta fille.

lavenaze. — Vous croyez?

madame de la BASTiiiE. — Feins donc de l'ignorer. Comme s'il élait bien difficile de voir toul l'ascendant, tout l'empire que celle créature a sur loi!

lavenaze, s1 échauffant. — Je vous en supplie...

MADAME DE LA BASTIDE. — NOUS SaVOnS à quoi

nous en tenir, nous avons de bons yeux. La chère Thérèson étail ti'ès— gentille , la chair est faible...

LAVENAZE. — C'CIl CSl trop...

madame de la bastide. — Ah! mon gaillard ! Du reste, si personne n'a osé le le dire, je suis trop franche, moi, pour le cacher. Chacun s"en rit, chacun s'en moque... Ce sera, au reste, comme lu voudras, je n'y tiens pas autrement, je ne manquerai pas de trouver un gîte : j'ai ici assez d'amis enchantés de me recevoir, qui se feront un bonheur de m'aider dans mes démarches.

lavenaze. — Je n'en doute pas.

madame de la bastide. — Si j'avais quelques années de moins..., on serait plus galant... Je me rappelle fort bien qu'à une certaine époque, cher ami, si je n'eusse tenu bon, le pauvre M. de la Bastide en avait pour son compte.

lavenaze. — Vous me prêtez des intentions...

madame i»e la bastide. — Ces souvenirs te dérident, tu n'as plus l'air aussi irrité.

lavbhazb. — Je crois que le meilleur parti à prendre...

madame de la EASTiDE. — Est d'en rire, n'estce pas? Faisons la paix. Je ne puis pas non plus l'en vouloir. Je ne serais pas fâchée, avant le diner, défaire quelques visites; donne-moi mon châle. Ce n'est pas la peine d'aller faire, une loilotte pour aller chez des gens de loi.

lavexaze. — Vous ne trouverez personne.

madame de la bastide. — Au contraire; et c'est précisément parce que c'est aujourd'hui fête, que je n'en manquerai pas une : on sera à cent lieues de croire que je viens pour affaires.

I.WEVAZE. — Libre à vous, au reste, de faire ce que bon vous semblera.

madame de la bastide. — C'est bien oînsi que je l'entends, mon bon... Mon chapeau?... Je suis prête dans l'instant... Mes gants?... Où les ai-je fourrés, à présent?... Je les vois... là-bas, sur ce meuble... Tu as du madère excellent, j'oubliais de te le dire... Ah çà ! tu ne vas pas te déranger j'espère?...

lavevaze, prenant son chapeau. — Comment donc! je ne souffrirai pas...

madame de la eastide. — A la bonne heure !

te voilà revenu; lu n'as pas peur de le compromettre? Tanl mieux, pauvre ami, montre-toi donc homme. (Elle s'accroche au bras de Lavenaze et sort avec lui.)

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