‹ Croquis al̀a plumeChapitre 11 sur 64 · M. PRUDHOMME, MADAME PRUDHOMME, CLOTILDE · texte numérisé non relu

M. PRUDHOMME, MADAME PRUDHOMME, CLOTILDE

M. PRUDHOMME. — Ouf! jC U'CU pulS pIUS... jC

suis tout en nage... je n'ai pas un fll de sec... Fi-

gurez-vous que je me suis aperçu au milieu du cliemin que j'avais oublié une partie de mes effets.

LK cowBucTBijR. — Sacré n... de D... ! vous ne risquez rien, vos effets partiront un autre jour.

MADAME PRiiDHOMME. — Commeut! un autre jour?

M. PRVDHOMME. — Calme-toi, Gabrielle, calmetoi... c'est le premier mouvement.

LB CONDUCTEUR. — Vous arrivcz justement au moment de partir; il faut tout défaire à présent; que le diable vous... (La fin de sa phrase reste dans ses dents.)

MADAME PRVDHOMME. — VOUS CmpOrtC VOUS-

même t.. . Je n'ai jamais vu un manant pareil.

H. PRtJDHOMME. — Méprisc, Gabriclle, méprise ces Invectives... Dieu, que j'ai chaud î

MADAME PRUDHOHME. — El dire qu'il n'y a pas ici un endroit où tu pourrais changer de chemise.

M. PRUDHOMME. — Quc vcux-tu! à la guerre comme à la guerre.

LE CONDUCTEUR, sur VimpériaU, — Montez donc, monsieur.

M. PRUDBOMME. — Adlcu, Gabrielic ! tu m'écriras... Adieu, Clotilde! ferme bien les portes... Adieu!

MADAME PRUDHOMME. — Je V6UX tc volr moutef.

M. FRCDHOMME. — Ne reste pas sous la roue...

Adieu !...(// fait des efforts inouïs pour atteindre au marchepied.) Je ne pourrai jamais parvenir à francbir cette distance. Conducteur, procurez-moi un gradin, un marcliepied, quelque chose... .

ADRiBN. — Le fait est que monsieur n'a pas l'élasticité d'une plume. On est allé chercher plusieurs gradins, monsieur.

M. PRVDHOHHE. — Ah ! mousicur, mille remercîments... Je n'avais pas encore eu l'honneur de vous voir.

LES YOTÀGEURs. — Allons douc, mcssIeurs, allons donc.

ADRIEN. — Cette dame qui était là est votre épouse, monsieur?

H. PRUDHOMHs. — Oul, monsIcur... c'est un modèle...

ADRIEN. — Comme taille.

M. PRUDHOMME. —Sa taille, mousicur, n'est plus ce qu'elle a été ; mais c'est une Temme qui, à son âge, est encore à savoir ce que c'est qu'un corset... Eh bien, ce marchepied?

ADRIEN. — Je vais vous aider... hissez-vous... Eh ! houp... houp là... Aidez-vous, ou j'iâche tout. {Adrien laisse M. Prudhonime suspendu, et qui retombe sur le pied d'un voyageur.)

LE voYAGKUR. — Que Ic diable vous emporte !

M. PRUDHOMME. — Je VOUS demande un million de pardons, monsieur; c'est par une cause bien indépendante de ma volonté si je vous ai écrasé le pied. Je vous en demande mille pardons.

LE VOYAGEUR. — On fait au moins attention à ce qu'on fait.

H. PRUDHOMME. — Ccci cst unc Icçou pour moi, monsieur, une bien grande leçon.

LA VIEILLE DAME. — H u'y a pas moyen de se faire rendre justice. Je veux. ma place... je veux ma place !

l'homme aux moustaches. — Vous voilà encore, madame... vous ne deviez pas partir.

LA VIEILLE dame. — Ëh bien, monsieur, je pars, ne serait-ce que pour vous faire damner.

(M, Prudhomme a pu se placer. dans la diligence; Adrien est monté sur Vimpériale; tous les voyageurs sont à leur place; le postillon est sur son siège. Les parents se précipitent aux portières,)

voixDivERSEs. — Adieu! adieu! tu nous écriras.

— Vous nous donnerez de vos nouvelles. — Bien des choses à tout le monde; vous n'oublierez pas c^ que je vous ai dit? — Vous avez le petit panier ?

— Allons, adieu !... (L'arrivée du conducteur impose silence; la diligence part au galop, Adrien,

placé à la droite du conducteur, laisse de côté sa pipe pour lui disputer Vhonneur de sonner de la trompette,)

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