‹ Croquis al̀a plumeChapitre 25 sur 64 · LA ROTONDE · texte numérisé non relu

LA ROTONDE

M. MiGNOLBT, à son voisîti. — MonsIcur, pardon.

LE VOISIN. — Faites, monsieur.

M. MiGNOLET. — Conuaisscz-vous M. Bossuel?

LE VOISIN. — M. Bossuetî

M. MIGNOLET. — Oui, M. BoSSUCl.

LK VOISIN. — Il n'a pas un autre nom?

M. MiGîfOLET. — Non, pas que je sache.

LE VOISIN. — Quel état qu'il est, M. Bossuel?

M. MiGNOLKT. — Mais il est... attendez donc, il est... comme procureur... Je ne sais pas, moi...

LE VOISIN. -— Si vous n'savez pas, c'est assez difficile de vous dire où c'est.

M. MI6N0LET. — M. Bossuet... attendez donc, c'est bien M. Bossuet? (// cherche dans son portefeuille.) Bossuet, Bossuet; qu'est-ce que c'est que ça? M. Mécliln ; ce n'est pas ça.

LE VOISIN. — Non, pas tout à fait.

M. MiGNOLET. — AL! j'y suis : M. Bossuel, avoué près le tribunal civil, rue Sainte, 46.

LE VOISIN. — Je vois ça d'ici, c'est tout contre la catliédrale. J' vous y conduirai, j'passe par là, c'est mon ch'min. *

H. MIGNOLET. — Bicu volontlers, monsieur, si toutefois on n'vient pas au-devant de moi.

UN VOYAGEUR, nonchalamment.— ^IL, Bossuet?

Parbleu î il est assez connu ! Il a perdu son épouse, il y a deux mois environ, une demoiselle Flachal ; qui est clarinette dans la garde nationale.

LE VOISIN.— Je ne le connais pas, je ne connais pas de Bossuet.

LE VOYAGEUR.— Il a achcté l'étude à M. Truand; M. Bossuet, c'est un petit mince, en lunettes; il demeure rue Sainte, en face madame Libour, n« 46.

90 GROÛUIS A LÀ PLUME.

LE Toisiif. — Dans la maison de M. Truand?

LB totàgeur.— Dans la maison de M. Truand, puisqu'il a acheté son étude, à M. Truand.

Li VOISIN. — M. Truand a donc vendu son étude?

LE votàgsur.— Il le faut bien, puisque M. Bossuet l'a achetée.

Li V0I8IK. — Ah t Je ne savais pas.

Li TOTAGBUR. — Oo n'cu 8 pourtaut pas fait un mystère.

LB Toisiif. — C'est possible; mais j'étais à Paris.

LB votàobub. — Je n'dis pas; mais c'est pourtant comme ça.

LB V0T8I1V. — Puisque vous {'saviez, pourquoi, quand on l'a demandée, ne l'avez-vous pas donnée, l'adresse de M. Bossuet?

LB VOYAGEUR. — PourquoI s'ost-ou adressé à vous de préférence?

LB VOISIN. — Est-ce que monsieur n'a pas l'droitde demandera qui ça lui fait plaisir?

LB voTÀGBCB. — Et, ffioi, j'ai le droit de répondre si cela me plaît.

LB VOISIN. — Vous êtes encore unique»

vous.

LB votàgbvr. — Je suis comme cela.

M. mignolbt. — Mon Dieu, messieurs, que je

suis râebé d'être la cause involontaire d'une discussion...

LC voisin. — Il n'y a pas de discussion là dedans...

LE voTAABVK. — C'cst couime monsieur voudra.

LE VOISIN. — C'est comme vous voudrez aussi ; j'n'ai pas peur de vous.

LE TOYAGEUB. — Ni fflol, Dicu TOerci !

H. MiGNOLET. — Jc SUIS Vraiment fâché... {La diligence s'arrête aux portes de la ville.)

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