‹ Croquis al̀a plumeChapitre 24 sur 64 · LES PASSE- PORTS · texte numérisé non relu

LES PASSE- PORTS

LE CONDUCTEUR. — Allous, monsIcur, là-bas !

nous partons.

LE VOYAGEUR. — Jc SUiS à VOUS.

LE coNDUGTEUB, à lapoTiière deViniérieur,-- Vos passe-ports, messieurs, s*il voas plail? (Les voyageurs donnent leurs passe-ports.)

H. PRUDHOMME. — Je détestc les Anglais de tout mon cœur; mais je tes admire néanmoins, quand je pense qu'ils peuvent impunément parcourir tes trois royaumes, l'Irlande, l'£cosse et l'Angleterre, sans avoir le moins du monde besoin de remplir cette formalité ridicule.

LE coRDijGTfiVR, à laportière de la rotonde, — Messieurs, vos pass&-ports, s'il vous plaît?

LE PÈRE. — Vous me descendrez avant la poste, conducteur.

LE CONDUCTEUR. — J'vcux bien ; mais vous êtes sur la (eoille, il me faut votre passe-port.

LE PÈRE. — T'nez, le voilà; èles-vous content?

LE GOKBUGTEUR. — Tout csl dit, 00 VOUS descendra. En route t (Il remonte à sa place sur Impériale.)

ADRIEN. — Voyons donc vos passe-ports?

LE CONDUCTEUR. — Prenez garde, vous allez les laisser tomber.

ADRIEN. — N'ayez pas peur, soyez paisible.

LE CONDUCTEUR. — Pourquol donc faire que vous voulez voir ces passe-ports ?

ADRIEN. — C'est le nom de cH'liomme de la rotonde que j'clierche;j'veux savoir quel état qu'il

est. « Chambéry, mécameien ; Liodot, Dégociaot; Tallois, médecin; Campan, marcband de \ins; Levesqae, huissier; toqaemans...» c'est l'officier, le ciiauffeur de la petite. « Pradhomme, professeur d'écriture... » c'est le gros vieux embêtaat. Je ne trouve pas mon tiomme.

LE CONDUCTEUB. — Attendez, il n'y a qu'à voir sur la feuille {il cherche . sur sa feuille) : trois places de rotonde... trois places... Ah! voici : « Saint-Victor. »

ADRIEN.— Saint-Victor î c'n'est pas un nom, ça. Voici ! j'y suis : « Saint-Victor, agent d'affaires. » Bon ! je sais à quoi m'en tenir.

LE csoNDUGTBUB. —■ Est-cc qu€ VOUS crolrcriez...?

ADRIEN. — Oui, oui, c'est c'que j'crois, c'n'est pas grand chose.

LE CONDUCTEUR. — Il a demandé à descendre avant la poste. *

ADRIEN. — C'est bien ça.

LE caNDUCTBUR.— Ma foi! j'vas l'descendre tout de suite.

ADRIEN. — Il n'y a pas d'mal, allez, débarrasseznous-en.

LE CONDUCTEUR, «M jPOStz'Wow.— Arrêtc-nous un peu ici. (Le conducteur descend , la diligence s'arrête.)

LE CONDUCTEUR, ouvvant Itt porlière de la rotonde. — Descendez-vous, monsieur?

LE PÉBE. — Oui, puisque je vous l'ai demandé.

LA MÈRE. — Ferdinand, laisse passer Ion papa.

LE PÈRE, à sa femme, — Ne fais toujours pas de bêtises, toi, j'ie recommande ça. {Le père descend de la voiture ; il entre dans un cabaret,)

LE CONDUCTEUR, regagnant sa place, — En route.

ADRIEN. — Il paraît connaître les localités... c'monsieur...

LE CONDUCTEUR. — Oul, il cst allé se rafraîchir.

ADRIEN, ricanant, — Il fait si étouffant avec ça, ce matin t

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