‹ Croquis al̀a plumeChapitre 32 sur 64 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

THÉRÊSON, FANNY.

THÉBàsoif. ^ Eh ! vous voilà de bien bon matin.

FAifiiT. — Je suis si contente quand je viens i la maison, et le temps me paraît si court t Papa est levé?

THiRÉsoN. -— Pas encore; il s'est couché bien tard, le pauvre cher homme.

FAiiNT. —Je croyais cependant t'avoir entendue lui parler. Tu parlais à quelqu'un.

thérAson . — A quelqu'un qui sortait.

r ANiiT. — C'est singulier ; j'avais cru reconnaître la voix de mon père.

thérAson. — En vérité!

rAifiiT. — Je t'assure. Mais qu'as-tu donc, Thérèson? Toi, ordinairement si heureuse quand je viens ici, tu es triste, ce matin t

THÉRàsoTi. — J'ai des raisons pour agir ainsi, de grandes raisons.

FANNT. — Oh ! alors, dès qae tu as des raisons, Je ne dis plus rien : si cela le fait plaisir d'être de mauvaise humeur, je ne veux pas te contrarier ;f en serais désolée.

THÉRàsoif. ^ Si vous saviez, chère enfant, tout ce que j'ai à souffrir, quand je vois un brave homme de père comme le vôtre, se brûler le sang comme il le fait; et tout cela, pour une poignée de viveurs qui le grugent et le dilapident à qui mieux mieux ; ça me donne de l'humeur, et vingt autres à ma place en seraient mortes de dépit.

YAifiiT. — Tu sais combien ii aime à rendre service.

THÉRAsoif. -— £t ce sont ces gens auxquels ii fourre tout le long de l'année, qui, lui faisant perdre le plus beau et le meilleur de son temps^ le forcent à travailler jour et nuit.

rAiiifY. — Thérèson !

THÉRÉsoH. -— Eh bien ?

rAHNT. — N'as-tu rien à me diret

THi^RisoN. — Rien.

rANiiT. -— Tu me fais de la peine.

THÉRisoif. — - C'est possible, je n'en sais rien.

FANifT. — Tu le sais, mais tu ne veux pas en convenir.

404 CROÛUIS A LA PLUME.

THÉRÉsoif. — Voalez-vous parler de ce petit bonhomme qui veut de vous pour femme, et qui venait vous demander?

FANNY.— Comment! Thérèson, ii aurait osé...?

THéBÂsoN.— Oh ! je vous promets que le gaillard n*est point embarrassé, qu'il ne doute de rien ; mais le cher père, qui n'entend pas raison sur ce chapitre, aurait pu lui faire un mauvais parti : c'est pourquoi je l'ai prié de rengainer son compliment, et bien vite. Ii ne se l'est pas fait redire.

PAifNY. — Pauvre Jules !

THÉRÉsoif. — II paraît que ce n'est pas d'hier que cette affaire se trame ; car, chaque fois que l'oncle l'envoyait à la maison, chaque fols qu'il pouvait m'attraper, vous étiez sur le tapis.

vANirr. — Jules est le frère de ma meilleure amie; il venait souvent la voir; c'est. à la pension que je l'ai vu. N'est-ce pas qu'il a l'air d'un bien bon jeune homme?

THÉRÈSON. — Gomment donc ! il est charmant ; mais nous n'en voulons pas. Voilà précisément, l'heure où le papa a coutume de descendre. Ne lui disons rien; il a bien d'autres choses en tête.

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