FANNY, THÉRÉSON, MADAME DE LA BASTIDE
MADAME DE LA BASTIDE, tenant eficofe ressuiemainSy qu'elle jette en entrant sur le canapé, —Il vous ennuyait de ne point me voir, me voilà... C'est toujours ie diable pour m'asseoir... Rien de bon comme ce madère ! {Elle boit.) Ab çà î viens te mettre ici à côté de moi, sur ce canapé. Voyons, parlons peu et parlons bien... Tu n'es plus en pension?
(Thérèson prend une chaise et va s'asseoir au fond de la pièce, agitant son pied en signe d'impatience.)
FATmY. — Pardonnez-moi , madame, toujours.
MADAME DE LA BASTIDE. — CommCUt ! CUCOre ?
C'est que tu es si grande ! (Fanny baisse les yeux.) Moi qui ne voulais pas croire que tu grandirais : c'étaient nos querelles avec la pauvre Tronquette; tu te les rappelles, Thérèson, avec la maman? THi&RtisoN. — Oui, madame.
MADAME DE LA BASTIDE. — Et pOUrqUOl? ParCC
que la pauvre femme voulait toujours avoir raison ;
16â CROQUIS A LA PLUiME.
je me tuais de lui dire : k Ta petite ne grandira pas, il faut en prendre ton parti, elle en restera là. Celte petite est nouée, archinouée, jam^s elle ne se développera ; » c'était comme si j'eusse chanté, jamais Je ne pus la convaincre. J'aurais parié... mille contre un, tant je croyais être siîre de mon affaire, tant j'étais persuadée que tu resterais nabote. Heureusement, cher ange, qu'il n'en est rien, ce dont je suis ravie... Te rappelles-tu m'avoir jamais vue?
FANNY. — Non, madame.
MADAME DB LA BASTIDE. — Cc n'cst pas extraordinaire, il y a déjà des années de cela... cependant je n'ai pas laissé que de rester encore un bout de temps chez vous autres.
THÉRÉ80N. — Dix-huit mois, madame, tout autant.
MADAME DE LA BASTIDE. — Gcld pCUt blCD être.
L'essentiel pour toi, cher ange, c'est d'avoir maintenant des jambes comme tout le monde. 11 n'est pas encore question de l'établir, que tu saches? FANifY. — Je ne sais pas.
MADAME DE LA BASTIDE. — Au rCStC, pOUr Ce
qu'il en retourne , tu seras bien assez tôt en ménage. J'avais ton âge quand on me maria. C'est encore une drôle d'histoire que ce mariage... hi ! hi ! hi ! hi I Quelle farce l hi ! bi ! hi ! hi! Ce fut ma
pauvre mère qui le voulul, hi ! bi \ J'étais si jeune ! je n'avais pas encore de volontés, hi ! lii ! je me laissai faire; quand cela fut fait, je ne fus ni fâcliée, ni bien aise. 11 est bon de te dire... (Elle boit,)
THÉRiÈsoN. — Pardon, madame, mademoiselle...
MADAME DE LA BASTIDE. — Que ce pauvre M. de la Bastide eut fort à faire, que je lui donnai du fii à retordre t
THÉEÉsoif. — Je voas en prie...
MADAME DE LA BASTIDE. — Je n'avais pas d'amour pour lui; c'était un combat continuel entre mes sens et mes principes...
THÉRfisoN. — Devant une jeune personne...
MADAME DE LA BASTIDE. — Lalssc donc! à son âge, je n'avais plus rien à apprendre , cela ne m'a pas empêchée d'aller droit mon chemin... ha! ha t ha ! ha ! ce qui ne m'empêcha pas d'en voir de bien drôles, hi!hi!bi!hi!
THÉRÉsoif. — C'est une indignité.
MADAME DE LA BASTIDE. — Tu IC preudS aiDSi,
nous allons rire, hl ! hi! hîl hi! Dis-moi, la belle prude, de ton aventure dans la diligence, à Monlélimart, t'en souvient-il?
THÉRÉsoN. — Ça n'est pas vrai.
MADAME DE LA BASTIDE. — Ha! ha! ha! ha!
la plaisante histoire! J'en ai ri longtemps! hi! bi! hi ! hi ! Et le pauvre greffier de justice de paix ! hi !
hi ! hi ! bi ! et la culbule qui s'ensuivit t hi î bi ! Iii ! bi!ba!ba!ba!baf
THÉRÉsoN. — Venez , mademoiselle , croyezm'en.
MADAME DB LA BASTIDE. — fli! hi ! Tu t'en vas, eberange?
THÉBÉsoif. — Il y a longtemps que nous eussions dû le faire. (Elle sort, précédée de Fanny,)