SCÈNE VIII
M. MIGNOLET, QUATRE COMMIS.
M. MIGNOLET, s'advessant au second commis, qui, le nez au vent, termine son déjeuner, — Monsieur, pardon si je vous dérange ; seriez-vous assez bon pour m'indiquer la place que je dois occuper dans la diligence, et que mon portier a dii arrêter avant- hier matin ? Un nommé Toussaint.
LE SECOND COMMIS, rîcanant. — Qu'est-ce que vous voulez ?
M. MIGNOLET.— Monsieur, voulez-vous me faire l'honneur...?
LE SECOND COMMIS, Indiquant son voisin de droite. — Adressez-vous à monsieur.
M. MIGNOLET, au pr^mî^ cowîmw.—Monsieur,
seriez-vous assez bon... ? {Le premier commis ne répond pas,)
LE SECOND COMMIS, à SOU voisin. — As-tu vu Girard depuis son mariage?
LE PREMIER COMMIS. — Je l'ai -VU QDe folS.
M. MiGNOLET. — Mille pardoDS, monsieur, si je vous interromps.
LE SECOND COMMIS. ~ Sa fomme est assez gentille...
M. MIGNOLET. — Mousieur, puis-je savoir...?
LE PREMIER COMMIS. — Froidasse... Qu'est-ce que VOUS réclamez?
M. MIGNOLET. — Cc n'est polnt, monsieur, une réclamation que j'ai à faire... Je désirerais seulement savoir...
LE PREMIER COMMIS. — SaVOlr QUOi?
M. MIGNOLET. *- Quelle place je dois occuper, monsieur, dans la diligence.
LE TROISIÈME COMMIS, an*angeant ses ongles^ et de sa place. — Où Girard a-t-il trouvé celle femme-ià ? (Mignolet reste toujours immobile devant le premier commis.)
LE SECOND COMMIS. — Adrcsscz-vous au fond de la cour, au bureau de Valenciennes.
M. MIGNOLET.— Mais, mousicur, j'ai l'honneur de vous faire observer que je ne vais pas à Valenciennes.
UN VOYAGE EN DILIGENCE. iii
LB PREMIER COMMIS. — G'est blCD une remn)€ de vingt-cinq ans, n'est-ce pas?
MiGifOLET. — En vous remerciant, messieurs.
J'ai l'iionneur de vous saluer.
LB PLUS PLAISANT BES COMMIS. — EUChantéS
d'avoir fait votre connaissance. (Mignolet sort du bureau )
LA COUR DE LA DILIGENCE