‹ Croquis et marines [microforme]Chapitre 26 sur 53 · LE BON COUP DE HACHE DE LÉON · texte numérisé non relu

LE BON COUP DE HACHE DE LÉON

prit une grand’poignée qu'il allait comme

Pour mettre dans ses poches.

‘ Je fais ni un ni deux, je mets la main en-dessous de mon comptoir, où je serre toutes sortes de choses pour quand j’en ai bésoin, et je prends ma petite hache, qui avait le taillant clair comme de l'argent et la tête peinturée en vert.

“ J’y en donne un coup,—je le manque.

“J'y en donne un autre coup. Je l’attrape dans son par-dessus tout flambant neuf, couleur de cannelle —Ça fait :

criche !

“ Et il sort ! Je le laisse aller ; pas vrai ? sans même regarder le bord qu’il prend

“ Je ferme ma porte et mes contrevents

bien solides, en cas qu'on pourrait revenir.

Je mets les barres de fer partout et je ne parle pas de rien à personne.

“ Mais à quelque temps de là, Francis Cassidy,—vous le connaissez peut-être bien ; nous avons marché au catéchisme ensemble, —Francis Cassidy vint me trouver et je lui conte ça.

AMEN dE

me

“Francis me regarde longtemps et se décide à me dire :—

= Léon, (parce que je m'appelle Léon) qu'il me dit, tu pourrais bien être ina: té...

“Mais vrai! au jour d’aujourd’hui, il ÿ à déjà pas mal longtemps de ça, j'en

PHYRIN LE PESSIMISTE

ne

y done ce qu’on va de-

demande ni fallait le laisser dire pe mg 8 pas mieux, surtout se garder de le connm" l'en no tuslt pes à causer longtemps, et la contradiction qu'il ai-

déplorab comme si la rétine de son œil eut été

a ne ee »4 LR Hart ny

e PANNE EL DR CN RE LE

PE AR a a Fan mt

———————————— spécialement disposée pour lui faire toute la vie terne.

. Dans le village qu'il habitait, on prenait plaisir à lui faire accuser des contrastes avec l'humeur et l’opinion ambiantes des autres mortels. Faisait-il beau temps à ravir, Phyrin, poliment. consulté, Vous apprenait que ce temps n’était pas sûr, et que ça se gâterait dans deux ou trois jours, parce qu’on ne peut plus se fier à rien. Et si la question, au lieu d’être au moins respectueuse, avait su paraître Un peu narquoise, de la part d’un jeune homme, ‘“-—Mandez-moi donc ce que devient la jeunesse”, se serait écrié Phyrin, complètement désintéressé des pronostics météorologiques. Du temps, il passait alors à l'éducation de la génération nouvelle qu’on laisse pousser dans le chiendent et la folle avoine, sans songer à sarcler ça de bonne heure > —“Mandezmoi donc ! Mandez-moi donc’ I!

L'apostrophe, la question suspecte ou gouailleuse serait-elle tombée des lèvres de quelqu'un plus âgé et censément plus

sérieux ? Alors Phyrin était encore plus

profondément vexé, et le nuage sombre de son pessimisme montait dans son esprit pour y obscurcir davantage la vision, qui ne lui fut jamais claire, des hommes et des choses, de même que la compréhension des idées et des usages de notre triste époque.

Il avait alors une manière tout à fait laconique et bien à lui de débiner le présent comparativement au passé et à l'avenir :—-Il s’écriait avec des larmes dans la voix :—“$Si c'était que ça sera ou ben que ça fut; mais c’est que ça est l”’

ses covillageois, on savait qu'il était très-facile de l’induire en contradiction ; il suffisait pour cela, en le rencontrant, de parler avant lui. Vous étiez sûr de lui vor prendre la contrepartie de ce que vous auriez pu dire.

Sauf, pourtant, quant aux événements de la dernière grande guerre. Là-dessus, il avait des idées bien à lui, préconçues et toujours les mêmes. Mais cela ne l’empêchait guère toutefois de gémir et de

Nue a étil ticllaniens 227 “isiéiniis d

Page 1