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ce qu’il nous faut : de voir le temps qu’ fait pour la récolte : Hess age
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chance, les menteries des journaux, la navigation arrêtée, les taxes, les élections ; mandes-moi donc ce qu'on va devenir ? Parce que le Kaiser avait
Dante de-s'en:aller tnt de suite aux ts.
—Paraît, Phyrin, qu'ils ne passeront pas, là-bas.
—Non, passeront pas ? Passent bien les villes et les canons pour aller à Paris et à Londres ; par-dessous la mer pour venir en Amérique ! Passeront pas par le nord et par le sud de l'ile Orléans !
d’ | —Avant l’Ile d'Orléans, il y a l’océan,
la flotte anglaise et américaine, les alliés,
les tranchées.
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Re - —Passeront par-dessus ou par-llessou que je dis. Vous devez bien le savoir.
—Mais s’ils sont tous morts !
—Morts ! combien ÿ en-a-t-il de mor:
sur le tas ? C’est les journaux qui diser Ça, qu’ils sont morts. Puisqu'ils avancen toujours sur Paris, sont-y morts ?
d même, il fait beau, aujowr d’hui, Phyrin ! | — Appelle ça beau, INAUVaises nouvel les, et puis on gèle !”
Si, le plus souvent, dans ses contesta tions, Phyrin restait bonhomme, il ne fau:
drait pas entendre qu’il fût. cependant toujours d'humeur égale. Il avait bien aussi ses écarts de Caractère, qui allaient même jusqu’à lemportement, en -certaines circonstances. Par exemple, deux corps délibérants -de la localité lui don- . naïent abso t sur les nerfs, et.{l
n'était guère facile de lui en parler et surtout de lui en faire parler sans l’exas- © les conseillers du village et les
u banc. ER?
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—————— ‘Il avait fait partie du conseil municipal pendant une couple d’années, et c’est là qu’il perfectionna à la fois son pessimisme et son esprit de contradiction. Il était toujours dissident ; à tel point que le ire-trésorier, rapide en ses écritures,
en était venu, lorsqu'il prenait les notes
de son procès-verbal, à tout propos, et -
dans tout débat, à inscrire son nom sûrement d’avance du côté de la minorité. Or, cette opposition systématique, factieuse et rien moins que loyale, avait eu pour effet d’anéantir la popularité du municipal Phyrin et de le faire bouter dehors à l'expiration de son terme d'office.
“I en conserva une rancœur dont les échos se propagent et se répètent presque à chaque déhbération des municipaux.
Du côté des fabriciens, son déplaisir fut tout autre. Il n’avait jamais été marguillier, après avoir fait les cent Coups pour le devenir. La dernière année où il lui fallut bien ensevelir ses espé-
rances, lui avait laissé dans l’Ââme quelque
chose comme un dépit rageur qui l’em-
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ee ‘ À la + en train de s'amuser Jui montèrent le Il faisait grand vent et tempête de
neige. Lorsqu'on se fut bien assuré, vers les dix heures et à Pabsence de toute
ï Er Ë :
—“* Excusez-nous done, M. Phyrin ; on vous a fait lever ; c’est trop de valeur ; mais on vient vous dire quelque chose qui vous fera plaisir. : On vient de voir monsieur le curé... #
—Non ! non ! Ce n’est pas une heure ni un temps pour les visites : seulement,
DOUS AVORS vu, par hasard, monsieur le .
curéqui nous a priés de vous dire enfin. : :
90 . CROQUIS ET MARINES a —" Entres donc me dire ça dans maison ; j'aime mieux. En me fera plaisir” . pat ni Le vent hurle dans l’entre-bâillem:
de la porte que Phyrin retient avec pei Celui-ci n’y voit rien, parce que la chu dellè qu’il tenait à la main pour ouv s’est éteinte au premier souffle du deho —“ Je suis trop content,—entrez do —de savoir ce que monsieur le curé vous dit. | Es & —-Non ; merci, si ce n’est pas dépli sant de venir si tard ; rien qu’un mot.
monsieur le curé nous a dit, comme ça, —Que j'ai donc hâte de savoir ça, ms
des dents, remonte à son lit en marmot
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———————————————…————— nanas
tant :—“Mandez-moi : mandez-moi !.
C’te crasse de jeunesse ! ”
Et il ne songera plus aux fabriciens désormais que pour en médire.
Phyrin, pessimiste et irréductible, devait périr de son travers d’esprit. Lorsque, après beaucoup de recherches et de discussions savantes, la faculté, comme tout le monde, fut à peu près convaincue de son existence et de ses ravages, Phyrin, lui, fidèle à son pessimisme et À son esprit de
ion, ne voulut pas en démordre et se laissa mourir de ls grippe espagnole
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la.tête comme un vin capiteux dont il, Pie. "olontiers à son grand plaisir, pes fois au grand aïusement de ses
siens, mais toujours au profit de queiqu éligible, quand ce n'est pas au détrimen de sa fortune
C’est sa manière à lui d’être quelqu'un en vue dans son village, réparati
Mais c'est aussi parfois, hélas | un po.
| seur ineffable et d'assez Mauvais aloi qui
« tent à
ÉÉLÉE
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eg eut à émarger sur dépenses électo :
Avec une condescendance qui lui fait
et lui vaudra de l’aide, monsieur
le député ou le candidat a diné chez ce
pilier du parti. Après copieuse et solide
réfection au service de la bonne cause, et
de soi, lampbhitryon, d’un signe presque imperceptible, à fait comprendre à son hôte qu’il avait à lui parler privément.
On passe dans la cuisine d'été. Maise’est
s'y connaît, se couvre le chef d’une bonne tuque en peau de mouton, dont il s’att che lentement les ‘gorgettes” sous .
ire, non remise encore des fatigues d’un bon repas.
Monsieur le candidat, pris au dépourvu, u Oubliera pas cependant qu'il lui faut être poli et avenant. Il écoutera avec prudence, sinon avec patience, et en fris- D ni de tout son être, l'exposé que le
——— mm pilier du parti veut bien lui faire de | situation.
—“"Monsieur le candidat, moi, mc nom, c'est Conrad Brindavoine. J'ai deu
Barçons avec moi qui sont sur la liste, .
côté d'ici, par le nord-est, —vous verrie la maison si les vitres n'étaient pas gr lées,—c’est mon frère, Philippe, qui rest à. Ia, lui, quatre votes avec son en gagé. Au » C’est mon beau frère, avec deux qui le suivent au poll. A:
premier rang d’en haut, dans le détou
t, mon cousin Phidyme, qui en amène cinq avec lui.
ben, monsieur le candidat, c’est
là vote avec moi. Ç'a jamais fait défaut.
Ceux de l’autre parti le savent ben - cr
—Oui, sans doute, je le savais, moi aussi, On m'a dit que vous êtes un chef de paroisse influent.