AoiJt
Avant le dejenner, nous retournous au Musee de peinture, et faisons uno longue promenade en voitare dans la ville. Dans I'apres-midi, nous partons pour Anvers.
A Utrecht, nous apercevons du chemin de fer la fl6che de la cathedrale.
^ Nous franchissons le Khin avant Bois-le-Duc, jolie ville fortifiee, qui s'offre a nous avec des arbres, de la verdure, riaute oasis au centre de vastes plaines, uniformcs de ton et d'aspect, et coupees d'innombrables canaux.
Deux heures apres, nous passions a Breda, autrefois place de guerre. A son histoire se trouvent mel63 les noms des Maurice d'Orange, des Spinola, des Froderic-Kenry, des Dumouriez et autres.
A Essehen, nous subissons, pour la ciuquieme fois depuis un mois, la visite des douanes. EUe est promptement faite, et nous arrivons a Anvers juste a temps, pour assister aux regatcs sur ce magnifique fleuve de I'Escaut.
. 23 Aoflt.
Des guides, des relations nombreuses out donne d'interessants details sur les monuments de la riche cite beige. Aussi u'en dirai-je qu'un mot, car je ne puis passer completement sous silence notre court sejour dans ses murs.
Des le lendomain do notre arriveo (23 aout), notre premiere visite est pour SOS magni6ques egliscs. Dans la cathedrale, la Descente de Croix, de Rubens , son chcf-dteuvre . occupe la place d'honneur; a Saint- Jacques est son tombeau.; Saint-Paul et Saint- Augustin sont remplies de ses plus belles toiles, ainsi que de celles .de Van Dyck et autres grands maltres.
Nous parcourons rapidement le Musee, car il faudrait des journ6es pour admirer en detail cette collection, oh I'Ecolo flamande est tout particulierement et brillammcnt representee.
Nous consacrons I'apres-midi a fljlner dans les divers quartiers de la ville, et le soir nous sommes dans la capitale de la Belgique,
CO -pays de la liberty par excellence qui , a ce point de vue, nous rappelle la Norw6ge et la Suede.
•24 Aoul.
Depuis notre depart de Stockholm, nous no nous sommes pas arret6s, visitant les villas le jour, voyageant la nuit, t-t le sommeil que Ton glane en chemiu de fer n'est pas tres-r6parateur : au moment ou, pret a perdre connaissance, vous vous laiasez doucement aller dans les feras deMorphee, un employe vient brusquement voussecouer par le bras, et vousdemander votre billet; d'un air maussade, il le poinconne et vous le rend en gromelant je ue sais quelle phrase inintelligible. Ailleurs, c'est una bifurcation, il faut changer de ligne et de wagon.
Somme toute, nous ne sommes pas faclies da trouver de bons lifcs a la francaisa pour nous reposor a notre aise. Us n'ont rien de commun heurausement avec les cabines des steamers, les coffres etroits do sapin vernis de Kongsvingor et les chalnes longues de Hambourg. Tout, jusque dans les repas, nous annonco que nous approchons de la patrie.
25 Aout.
Nous dormions d'un profond sommeil, mes trois compagnons et moi, que le soleil eclairait la nature de ses plus brillants rayons ; aussi nous manquons le premier train pour Louvain. Nous en sommes quittes pour ne partir qu'apres dejeuner, et, comma six lieues nous en separent seuloment, nous y arrivons de bonna haure. Batie sur la Dylo, au pied d'una montagne, la villa est decline de son ancienne grandeur, car olio compta jusqu'a 200,000 habitants. Les eglises sont fort riches, et de magnifiques sculptures sur bois decorent surtout celle de Sainte-Gertrude. Mais I'edifice leplus remarquable est rH6tel-de-Ville, un des plus beaux monuments gothiques de la Belgique. Commence en 1448, il fut acheve en 1493, et renferma una belle collection de tableaux.
Dans une brasserie, nous goutons la fameuse biere blancha de Louvain, si renommee; mais, malgro sa reputation, elle na peut nous faire oublier celle que nous buvions an Suede.
Le soir, nous sommes de retour a Bruxelles, et achevons notre journee au Theatre-Royal.
Ce joui--la Judic jouait dans la Timbale d' argent; la sympatliique artiste nous fit passer une soiree cliarmante.
Qne fois rentr6s, nous en parlions encore, mon ami R. et moi, pendant qu'uii de nos compagnons de chambro, dqja endormi, revait tout Iiaut des girafes du jardin zoologique de Hambourg, tandis quel'autre, maiutenant mari6, nous parlait avec feu d'une jeune et tres-jolie HoUandaise, Mme X, dont le minois charmant avait, a Stockholm, fait sur lui une certaine impression.
21', Aout.
Nous sommesdeboutde bonne heure, et lavapeiir nousemporte au milieu de maguifiques plaines, de bois et de prairies. C'est plaisir de voir cette vegetation, ces champs admirablement cultiv§s, ou pousseut en abondance le houblon, le tabac, la betterave et mille autres plantes utiles au commerce et a I'industrie. Nous traversons un veritable jardin maralcher et arrivons k Ostende.
Cette station baln^aire est le rendez-vous d'un monde elegant de touristes et de baigneurs qui, tons Ics ans, y vient en foule passer la belle saison. II est vrai de dire que la plage est superbe, immense, et les lames de la mer du Nord viennent doucement mourir, sur un sable fin et dore, au pied de son Kursaal monumental. .
.Je me rappelle encore le dejeuner que nous fimes sur la terrasse qui domine les flots, et I'indignation du garcon quand nous refusons les farncux mollusques qui font la gloire du pays : on les nomme huitres vertes d'Ostende, sans doute parce qu'elles sont p6chees aux rochers de Colchester, sur les cotes d'Angleterre.
Pauvres huitres ! On oublie votre provenance pour ne se souvenir que du lieu oii I'on vous consomme ! Voila I'ingratitudo humaine.
Vingt-cinq kilometres nous separcnt de Bruges, nous y aliens ; du reste, c'est sur le chemin de Bruxelles.
Entre toutes les villes de Belgique, Bruges est celle qui a le mieux conserve, par ses monuments, ses coutumes et ses moeurs, la physionomie du moyen-age. Nous n6gligeons ses fortifications, et nous contentons de voir rapidement, car le temps nous presse, le I'avissant Hotel-de-Ville. Surmontee de ixoh tourelles, sa fa-
(;.ade, vraie dentelle de sculpture, est largomeut eveutree par six liautes fenetres a vitraux. Entre elles s'elevent des pilastres, le long' desquels d'elegantes consoles fmemeut fouillees supportent des statuettes do chatelaines et de chevaliers.
Pros la Tour-Notrc-Dame, lourde et massive construction, nous jiassous sur le pent de Beguinage. Des historiens font renionter la fondation de ces communautes monastiques au septieme siecle, et I'attribuent a Begga, flllede Pepin de Landen. Cette institution est assez connue pour que je n'en park pas plus longuement ici ; je dirai seulement que, pendant le treizieme siecle, il y eut un beguinage a Toulouse, ouvert par Barthelemy Bechin; L'amour du grimpage ne nous ayant pas abandonn6s, nous montons sur la Tour-du-Beffroi , d'oii nous jouissons d'un coup d'csil magnifique.
Pendant que nous admirons tranquillement le panoratna qui se deroule a nos yeux , nous sommes brusquement tires de notre contemplation par le carillon qui sonne midi. La vieille tour tremble j usque dans ses fondements sous les coups reputes du puissant marteau de I'horloge. Cette sonnerie, une des plus belles d'Europe, est loin d'etre agr^able, entendue de si pres, et perd de aa, beaute.
Nous terminons notre visite par le palais de Philippe-le-Bon, convert! en palais de justice. Une chose surtout nous frappe : c'est une admirable cheminee du seizieme siecle, en marbre et en bois. On I'attribue au sculpteur Andre. Marbre et chene sont fouill6s par la main d'un maitre : les arabesques les plus fines, les enroulements les plus gracieux, les volutes les plus elegantes y forment des irises et des panneaux entrecoupes avec art de plates-bandes, de moulures, de statues irreprochables, de draperie et de formes. Quel qu'en soit I'auteur, cette salle seule suffirait pour donner une haute idee de son talent et rendre son nom illustre.
Un train va partir pour Gand, nous en profitons, et nous y sommes bientdt rendus. Plus de 120,000 habitants vivent a I'abri de ses murailles , entre lesquelles se croisent de nombreux canaux.
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L'H6teI-de-Villo, commence en 1481, est fort curieux : une de Ses facades est gothique et Fautro grecque.
La encore le Bciguinagj occnp-tout un quartier, compl6tement
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, separo des autres.
La cathedralc, mise sous 1;; patronnage de saint Bavon, date
du treizieme siecle. Nous faisons I'escalade de sa haute tour, du haut de laquelle la ville tout entiere et ses environs se deroulont
a nos pieds. Elle possede des tableaux de Van Dick et une tres-
curiause crypte du dixiome siecle.
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Dans une des rues do Gand, nous ue manquons pas de rendre
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visite an grand canon, ancien pierrier, long de 6 metres suv 3 metres 66 de circonferencc Pendant de frequentes guerres interieu-