Hérodote, liv. IV, chap. lxii
3. Je citerai notamment la figurine du Mars gaulois, trouvée dans l'enclos de Graveen-Castel , près de Gand. Cf. J. de Bast, Aiitiq. romaines et gauloises, 2« suppl., p. 198, pl. iii, fig. 11. (Gand, 1813, in-4°.)
ET GRANNUS.
de Sainl-Front ou encore celui qui existait sur remplacement de Mamers, jadis appelé Fanum Mamertis, temple qui fut détruit au septième siècle par Lonégisile
Le nom de Camulus n’a laissé aucune trace dans le dialecte armoricain. Peut-être les noms de Camlez^ Camoil, villages des Côtes-du-Nord et du Morbihan, tirent-ils leur origine du nom du dieu , ou de quelque combat [camh) livré sur leur territoire.
Maintenant que je crois avoir suffisamment mis en lumière la nature et le caractère du dieu Camulus , je passe à l’examen d’une autre divinité celtique, dont le nom ne nous a pas été aussi explicitement transmis par les anciens.
César mentionne, parmi les divinités de la Gaule, un dieu qu’il assimile à Apollon, et qu’il représente comme spécialement invoqué contre les maladies. Le grand capitaine romain , si exact et si précis quand il s’agit de résumer une opération militaire, de décrire les lieux , a-t-il apporté la même exactitude en ce qui touche la religion? On pourrait en douter; car, tout grand pontife qu’il devint. César était un sceptique, n’ayant de foi que dans sa fortune : il s’intéressait médiocrement aux croyances religieuses de son temps, et celles des Gaulois auraient bien pu n’être de sa part que l’objet d’un examen superticiel. Pour s’en assurer, il importe de rechercher si d’autres témoignages vien-
1. Dolland., Act. sanct., t. I, p. 78. W. de Taillefer, Antiquités de Vésone, 2* 6d., 1. 1, p. 324-327.
2. J. G. PeBche, Dictionnaire topogr. histor. et statist, de la Sarthe, t. III, p, 173.
CAMÜLUS
nent confirmer le court exposé que les Commentaires nous font de la théologie celtique; il faut vérifier en particulier si , entraîné par les idées latines , César n’a pas prété aux dieux de la Gaule des caractères qui ne leur conviennent guère et qui le conduisaient à établir des rapprochements arbitraires entre ces dieux et les divinités de Rome.
L’Apollon gaulois fut-il réellement invoqué comme un protecteur contre les maladies? ou César a-t-il cru reconnaître, à je ne sais quel détail insignifiant, dans un dieu gaulois, r’ATiiXXiov àxécis;, awTr,p, à::oxpé:raioç, des Grecs, VApollo mediciis^ opifer, salutifer des Latins? Plusieurs inscriptions découvertes en Gaule* donnent à Apollon le surnom de Gratmus, et j’ai rappelé ci-dessus que les surnoms des dieux topiques ne sont autres que les noms indigènes et nationaux de ces divinités identifiées par les Romains aux leurs. On reconnaît dans celte épithète de Grannus le mot irlandais et gaélique grian, qui signifie soleil^.
Dion Gassius* rapporte que l’empereur Caracalla fit de vains efforts pour obtenir de diverses divinités médicales une réponse sur la maladie dont il était atteint; et l’historien grec nomme Esculape, Sérapis et Grannus. Donc le dieu de ce nom était invoqué dans les cas de maladie.
D’un autre côté , plusieurs des inscriptions où figure
1. Orelll, Inscript, lat.sel., n“‘ 1997, 1998, 1999, 2000, 2001,
2. Voy. Colgan., Trias Thaumatunj. S. Patrie, sept. vit.,c, xxxvm, p. 1S7.