C. XXI. Cf. Pro restaur, schol., c. IX
CAMULUS
juria puniuntur qnœ te maxime oportet odisse. » Ce dieu présidait donc aux eaux chaudes qui servaient à une sorte d’ordalie destinée à découvrir les parjures, et le fait explique l’association ^'Apollo Grannus et de Sancta Sirona comme divinités des eaux thermales.
Le rhéteur oppose l’Apollon gaulois à l’Apollon latin dont le culte était domestique dans la famille de l’empereur. Car il a dit d’abord : « Vidisli enim, credo ^ Constantine , Apollinem tuum comitante Victoria coronas tibi laiireas offerentem quœ tricenum singulœ fuerunt omen annorum. Hic etenim humanarum niimerus œtatum. » L’emploi des mots tuus et noster indique l’opposition des deux divinités.
C’était cet Apollon gaulois que l’on adorait dans un temple d’Autun dont le même Eumène nous a fait connaître l’existence.
Ainsi le culte de Grannus se liait en Gaule à celui des fontaines, qui y était général et dont tant de vestiges subsistent dans les superstitions populaires. Cette circonstance nous explique les ex-voto pro sainte, à la déesse Sidis, révérée en Angleterre comme une personnification féminine du Soleil; on sait que les populations germaniques attribuaient généralement le sexe féminin à cet astre et faisaient par contre un dieu de la lune. Sulis fut associée par les Romains, dans la Grande-Bretagne , à Minerve. La dédicace DEÆ SULI MINERVÆ se lit sur des inscriptions découvertes aux eaux de Bath ‘ ; dans l’une d’elles, le consécrateur
1. Orclli, luscript, latin, sel., n» 2051, suppl. Hcnien', n®5914. Lysons, Reliq. britann., t. I, p. 8, 9.
ET GRANNL’S.
ajoute : Pro sainte et incoliimitate. Celle Minerve britannique, déesse des eaux thermales, mentionnée par Solin ‘ et dont le culte se trouvait aussi associé à celui du feu, semble n’étre qu’une variante de Sirona.
La protection exercée par le Grannus gaulois sur les eaux minérales , justifie l’ancien nom d’Aix-la- Chapelle, Aquæ Granni'^. Peut-être faut-il encore demander au nom du même dieu l’étymologie du nom de Granville [Gramionum), ville située non loin d’un sanctuaire druidique , le mont Saint-Michel ?
Quoiqu’il en soit, un fait ressort des rapprochements auxquels je viens de me livrer, c’est que César avait bien saisi le vrai caractère du dieu Soleil des Gaulois, et celle exactitude dans le petit nombre de mots qu’il lui consacre doit nous inspirer une grande confiance pour tout ce qu’il rapporte de la religion de nos ancêtres.
Camulus et Grannus étaient donc deux des grandes divinités des Celles. On vient de voir en quoi consistaient leurs attributs et leur culte ; sans doute que par un travail analogue à celui-ci, il serait possible de restituer les autres parties écroulées du panthéon gaulois.