Bolland. , p
3. Voy. ce (pie je dis plus tiaut, p. 2*0, 292 , à propos de ce que raconte Eusèbe.
4. Voy. Moïse de Khorine , liv. 11, c. xxxii, xxxiii, t. l,p. 219, Ir. Levaillanlde Florival — 11. JVic. Sÿnod. AcI. lV,ed. Harduin, t. IV, p. 2(iO. Sailli Jean Damascëne parte aussi de ce fait {Episl. ad Tlicophil, imp.,§ 5, ap. Oper., éd. Loquien, t. I, p. C31); mais confondant l’envoi du portrait et le voyage de Thaddée à Ivdesse, il fait
deux fables, aura imaginé qu’Abgare, afin de convertir Tibère, avait joint à sa lettre cette môme image du Christ, la Véronique. De là l’invention du voyage de sainte Véronique à Rome. Et comme les anciens historiens chrétiens rapportaient que le roi d’Édesse avait dû à la connaissance de Jésus-Christ la guérison d’une maladie affreuse dont il était atteint et que la plupart des écrivains grecs disent avoir été la lèpre ', guérison opérée selon quelques-uns par l’attouchement de sa sainte image , on inventa un miracle analogue pour Tibère, et on raconta que cet empereur avait été guéri de la môme maladie par le saint suaire que lui avait apporté sainte Véronique. Telle est trèsvraisemblablement la façon dont toute notre légende prit naissance.
Notons qu’il n’est rien dit de tout cela dans l’ancien bréviaire particulier de Saint-Pierre du Vatican, qui n’eût pas manqué de mentionner le miracle si l’histoire fût remontée à quelque antiquité. Ce bréviaire ne parle môme pas de la Véronique,
apporter par cet apôtre le portrait qui était empreint, ajoute-t-il, sur un suaire, àf ta; [loptpï; aùrtù sv oouJapîti» àTcopa^caïvo;. Ainsi,
on voit dans cette version paraître le fameux suaire que portait sainte Véronique, suivant les légendes postérieures, et cette circonstance vient encore à l'appui de la manière dont je suppose que la légende a pris naissance. Lé môme Damascene rapporte , d’après Ëvagre (liv. IV, c. xxvi), que cette image fut promenée par les habitants d’Édesse autour des murs de leur ville , assiégée alors par Cliosroès. Ce dernier fait indique qu’on conservait à Ëdesse une image du Sauveur fort ancienne , qui avait donné lieu à une légende analogue à celle qui fut forgée sur celle de Rome.
1. Cf. Eusèbe, Uist. eccL, I, xiii. \oy. l’excellente note de Heiniehendans son édition.
preuve que l’image n’était pas depuis une époque bien ancienne à Rome
Sans s’embarrasser de vérifier l’exactitude de ce qu’avait rapporté le moine Fulda de constater l’authenticité du témoignage de Méthodius, de rechercher môme si ce Méthodius était bien le môme que l’évôque de Tyr les auteurs peu critiques du seizième et du dix-septième siècle acceptèrent toute cette fiction. Baronius l’inséra en entier dans ses Annales le père Jacques Grelser, dans une fort médiocre dissertation qu’il voulut opposer aux doutes élevés par Casaubon sur cette histoire la répéta gravement, sans la discuter. Enfin -on institua une fête en l’honneur de la Sainte, dont l’office se trouve dans le Missel ambrosien, imprimé en 1560 ®, d’où saint Charles Borromée, peu édifié sur l’authenticité du personnage, la fit plus tard disparaître ^
Cette légende n’est pas la seule qui ait été forgée